URGENT-Mémorandum de l’APARECO et du CNRC en réaction aux «regrets» du roi des Belges sur le passé colonial au Congo-Une délégation des résistants congolais a été reçue au Ministère belge des Affaires étrangères

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Mémorandum de l’APARECO et du CNRC en réaction aux «regrets» du roi des Belges sur le passé colonial au Congo

Une délégation des résistants congolais a été reçue au Ministère belge des Affaires étrangères

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A Madame Sophie Wilmès , Première Ministre

 

Copie :

  • Au Roi Philippe de Belgique
  • A Monsieur Philippe GOFFIN , Ministre des Affaires Étrangères

Au nom du peuple congolais aujourd’hui privé d’un État souverain susceptible de défendre ses intérêts et ses droits fondamentaux, les patriotes congolais de la diaspora, réunis au sein de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (APARECO) et du Conseil National de la Résistance Congolaise (CNRC), mouvement et plate-forme de la résistance contre l’occupation de la République Démocratique du Congo sous toutes ses formes, nous adressons le présent mémorandum au gouvernement du Royaume de Belgique pour lui exprimer notre profonde indignation et partant, nos vives réactions aux propos tenus par Philippe, roi des Belges, au sujet des crimes commis au Congo sous le roi Léopold II et durant la période coloniale.

Dans sa lettre adressée à monsieur Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi (Président désigné par Kabila à la tête de la RDC) à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, le roi des Belges a tenu certains propos qui ont heurté tant la mémoire que la dignité du peuple congolais, parce qu’ils foulent aux pieds le respect dû aux millions de Congolaises et de Congolais qui ont été victimes de la barbarie sous Léopold II, le roi des Belges. 

Nous stigmatisons ci-dessous quelques-unes des déclarations faites par le roi Philippe et au sujet desquelles nous exprimons nos réactions en tant que citoyens congolais, descendants des «mains coupés» et des cadavres flagellés:   

  1. La tempête mondiale provoquée par le meurtre à caractère raciste de l’afro-américain George Floydle 25 mai 2020 à Minneapolis (Minnesota) aux Etats-Unis d’Amérique a ravivé en Belgique la polémique au sujet du passé colonial belge au Congo.

Les actes de vandalisme des statues du roi Léopold II perpétrés à travers la Belgique constituent, si besoin en était, les indices révélateurs de cette tension. Et c’est dans le contexte de ce climat tendu que le roi Philippe a cru étouffer l’incendie en  déclarant dans sa lettre : «A l’époque de l’État indépendant du Congo des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective. La période coloniale qui a suivi a également causé des souffrances et des humiliations. Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés ».

 

Cette déclaration du roi des Belges, appelle de notre part les observations suivantes:

a) Le roi Philippe, comme ses prédécesseurs, a minimisé et banalisé exprès les crimes commis au Congo en parlant des simples «souffrances et humiliations» que «la période coloniale» a causé aux Congolais. Alors qu’il s’agit plutôt ici  de l’un des cas les plus affreux de crimes contre l’humanitéoù il y a eu massacres de plus de 10 millions de Congolais ainsi que des milliers de crimes de viols et d’amputations sauvages d’organes humains, voire  de flagellations des cadavres d’hommes… !

b) Le roi des Belges s’est contenté d’exprimer seulement ses simples «regrets pour ces blessures du passé». A notre avis, le roi des Belges a commis ici sa plus grosse erreur d’appréciation: Il a présenté ses «regrets» aux Congolais pour ce qu’il croit être de simples «blessures du passé», alors qu’il s’agit ici de graves crimes contre l’humanité  dont le roi Léopold II et la colonisation belge s’en sont rendus coupables. Et ces crimes-là sont imprescriptibles et exigent la REPARATION ! Et cette réparation doit à son tour être accompagnée des EXCUSES PUBLIQUES à présenter au peuple congolais !

Et pour ce faire, il n’appartient pas à la Belgique seule, auteur des crimes, de décider elle-même, unilatéralement et arbitrairement, ni du niveau de responsabilité, ni de la modalité de réparation des dommages causés aux victimes congolaises et à leurs descendants. La Belgique doit se soumettre à la  procédure prévue en la matière par le droit international.  

c) Le roi Philippe estime que « la douleur (ndlr : des Congolais)est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés». C’est encore là une autre erreur ! Car on ne peut raviver qu’une douleur en voie de s’éteindre.

Or, ce ne sont pas essentiellement «les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés» qui ravivent la douleur des Congolais aujourd’hui. Car la douleur des crimes commis au Congo par Léopold II et la colonisation belge se renouvelle et s’aggrave chaque jour et chaque instant, parce que les mêmes barbaries continuent de se reproduire encore aujourd’hui à travers des guerres qui sont imposées au peuple congolais, dans le but d’entretenir le même système de pillage et de prédation des richesses du Congo qu’à l’Etat Indépendant du Congo et à la colonisation belge. 

Le roi Philippe devrait savoir que ces guerres de prédation dites modernes et de basse intensité infligent aujourd’hui au peuple congolais autant de dégâts humains et matériels, autant de souffrance morale et physique, et autant d’humiliation que sous Léopold II et la période coloniale!

Il est donc inopportun de parler de «douleur ravivée», car la douleur du peuple congolais est restée permanente !     

          

  1. Et en guise de solution définitive de ce drame historique, le roi Philippe a déclaré: «J’encourage la réflexion qui est entamée par notre parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée».  Nous nous demandons s’il s’agit ici de la mémoire des belges seulement, ou s’il s’agit aussi de celle des Congolais?

Car au début de sa phrase, le roi Philippe parle bel et bien de «notre mémoire collective». Dès lors, comment peut-on comprendre que pour «pacifier» cette « mémoire collective » le roi Philippe encourage une réflexion initiée et entamée unilatéralement par le seul Parlement belge ? Devons-nous comprendre que la Belgique va réfléchir et décider, une fois de plus, à la place des Congolais et leur dire comment ils doivent être apaisés ? Devons-nous comprendre que, comme ce fut le cas pour la rédaction de la Loi fondamentale (ndlr : celle-là qui tenait lieu de notre Constitution de la RDC du 30 juin 1960 jusqu’en août 1964), les Belges devront décider seuls et dire ensuite aux Congolais quels sont leurs droits et leurs intérêts ?

  1. Comme nous l’avons dit plus haut, aujourd’hui, la République Démocratique du Congo, privé d’un État souverain, n’est pas en mesure de défendre ses intérêts face à l’État belge. Car elle est pour le moment sous l’occupation du Rwanda qui, comme la Belgique, a commis lui aussi, et continue encore de commettre les mêmes crimes contre l’humanité au Congo ! Les institutions actuelles de la RDC ne sont donc pas habilitées à discuter avec la Belgique la solution définitive des crimes commis au Congo sous Léopold II et sous la colonisation. Nous estimons que ce contentieux  délicat et vital pour les Congolais ne pourra être valablement traité qu’avec les institutions  qui seront souverainement mises en place par la volonté suprême du peuple congolais !  

 

A la lumière de tout ce qui précède et au nom du peuple congolais aujourd’hui sous occupation et donc sans État souverain, les patriotes résistants congolais de la diaspora :

1. Attirent l’attention de la Belgique et du roi Philippe que le peuple congolais ne se contentera pas des simples «regrets» exprimés dans une lettre à monsieur Félix Tshisekedi dont tout le monde sait qu’il ne représente pas la volonté suprême du peuple congolais, mais il sert plutôt, à travers « Joseph Kabila », les intérêts du Rwanda en RD Congo. Le peuple congolais réclame des EXCUSES publiques faites après la REPARATION des dommages causés par les crimes contre l’humanité commis par la Belgique au Congo ;

2. Estiment qu’il ne revient pas à la Belgique seule d’examiner unilatéralement ces crimes et de réfléchir sur les voies et moyens d’en réparer les conséquences. 

Car ce lourd contentieux qui oppose les deux pays doit être examiné et réglé avec le concours de la Belgique et la République Démocratique du Congo.

3. Attirent l’attention de la Belgique qu’elle ne peut débattre de ce litige avec les institutions actuelles de la RDC, parce qu’elles se trouvent toutes sous l’occupation du Rwanda qui est, lui-même, coupable des crimes de guerres et crimes contre l’humanité au Congo.

4. Demandent à la Belgique de libérer toutes les archives de la période du Congo  des années 1885-1908 et de la période coloniale pour permettre aux experts congolais la possibilité d’avoir accès à toute la vérité concernant les crimes commis durant cette période incriminée. Car seule la vérité, et rien que la vérité, peut conduire à la justice, à la réparation et aux excuses acceptables pour le présent et l’avenir.        

Fait à Paris, le 22 juillet 2020

Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba

Président de l’APARECO &

 Responsable du pilotage stratégique du CNRC

 

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