VIDEO & TEXTE – Réplique de l’APARECO à l’article de Cédric MUYOBOKE MUDUMIZA et à la déclaration de la Communauté des Banyarwanda en RDC

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REPLIQUE DE L’APARECO A L’ARTICLE DE CEDRIC MUYOBOKE MUDUMIZA ET A LA DECLARATION DE LA COMMUNAUTE DES BANYARWARWANDA EN RDC

VIDEO :

TEXTE :

 

Introduction

A la suite de notre réaction au débat intervenu à la télévision rwandaise sur le sujet «la balkanisation de la RDC, mythe ou réalité», nous avons présenté une série de documents dont la plupart émanaient des autorités officielles du Rwanda. Tous ces documents donnent la preuve flagrante de l‘obsession du régime de Paul Kagamé à occuper par la ruse, le mensonge et la force les territoires de la RDC.

Malheureusement, ne pouvant pas remettre en cause l’authenticité de ces documents, ni rejeter la flagrance des faits accablants à leur charge, les autorités politiques et militaires rwandaises et leurs experts ont cru échapper à ce débat de fonds en recourant grossièrement à la falsification de l’histoire de notre pays, la République Démocratique du Congo.

Ces deux dernières semaines en effet, les laboratoires de mensonge des hégémonistes tutsis rwandais ont littéralement inondé l’opinion nationale congolaise avec des déclarations et des articles pseudo-scientifiques en véhiculant des fausses références et citations d’ouvrages historiques savamment truquées. Ils étaient certainement convaincus que les Congolais, ces éternels «B.M.W», ne se donneraient pas la peine d’aller fouiner dans les bouquins pour vérifier leurs fausses citations. Malheureusement pour eux, ils ont sous-estimé, une fois de plus, notre détermination à les contrer dorénavant sur tous les fronts leur entreprise méphistophélique! En effet, face à leur campagne pseudo-scientifique, nous avons mis sur pied au sein de la présidence de l’APARECO, une cellule spéciale d’études et de recherches composée d’historiens, de philosophes, de juristes et de politologues. Cette cellule pluridimensionnelle est conduite par le Vice-président José Yango W’Etshiko, historien de formation et de profession, et supervisée par moi-même. Elle a pour tâche de débusquer en vue de les contrer toutes les arnaques intellectuelles et les pitreries que les lobbyistes tutsis rwandais s’échinent de déverser dans l’opinion nationale et internationale afin de dénaturer l’histoire du Congo en faveur de leur projet.   

Dans leur déclaration faite à Kinshasa le 15 février 2020 les Banyarwanda, autoproclamés  «Banyamulenge» ont inscrit certains points, particulièrement en rapport avec l’histoire de la RDC. En recourant ainsi aux mensonges et à la falsification de l’histoire du peuple congolais, les usurpateurs rwandais s’échinent à fabriquer des appuis susceptibles d’appuyer leur objectif d’occuper l’Est de la RDC.

C’est donc pour cette raison que nous allons nous employer ici à décortiquer un à un tous leurs  mensonges et toutes leurs manœuvres de falsification de l’histoire de notre pays.

Signalons aussi que dans sa campagne, le lobby tutsi-rwandais a fait appel à un de leur membre, Cédric Muyoboke Mudumiza. Celui-ci a publié au début du mois de février dernier sur Internet un très long article truffé de mensonges, de fausses citations et de falsifications, dans l’unique but  d’insérer les «banyarwanda» dans l’antériorité de l’existence historique au même titre que les autres tribus congolaises (https://easterncongotribune.com/2020/02/21/eclaircissement-sur-migration-et-nationalite/)

Nous relèverons et décortiquerons, un à un, toutes les acrobaties intellectuelles de monsieur Cédric Muyoboke, pour mettre à nue ses tentatives d’arnaque de l’histoire de la RDC.

Mais avant de procéder à la critique détaillée des deux documents précités, j’aimerais faire deux mises au point que j’estime très importantes, tant pour l’opinion nationale qu’internationale.

Primo : de l’origine du vocable « banyamulenge »

Nous tenons à rappeler qu’à la suite d’une recherche très fouillée, nous sommes parvenus à découvrir que le vocable de «Banyamulenge» est une pseudo identité qui fut inventée tout récemment pour camoufler et faire oublier à l’opinion congolaises les véritables origines des banyarwanda qui, depuis l’indépendance de la RDC en juin 1960, se sont identifiés tour à tour, tantôt comme des «Congolais d’expression rwandophone», tantôt comme des «Tutsis Congolais» ou encore et c’est maintenant en vogue comme des «Banyamulenge».

Nous tenons à souligner que ce néologisme de Banyamulenge est né de l’imagination d’un tutsi rwandais,Frédéric Gisaro Muhoza qui l’a inventé au début des années ’70. A cette époque-là, il était élu Commissaire du Peuple (député national) au sein du Conseil législatif (l’Assemblée nationale) de la République du Zaïre. Et c’est lui qui a recommandé en ce temps-là à l’étudiant rwandais Faustin Tabazi Rugama de consigner ce néologisme (Banyamulenge) dans son mémoire de licence en Histoire en 1976. Et pour étayer son invention, F. Gisaro Muhoza suggéra à l’étudiant Tabazi Rugama quelques fausses incrustations historiques antérieures à la tenue de la Conférence de Berlin de novembre 1884 à février 1885. Mais en réalité, c’est à la fin de l’année académique 1975-1976, et pas avant, que le vocable «Banyamulenge» est paru pour la toute première fois, noir sur blanc, dans le mémoire de licence de l’étudiant Tabazi Rugama. Et à ce sujet, personne ne pourra nous fournir la preuve du contraire !

Le but de cette escroquerie intellectuelle orchestrée par Gisaro et Tabazi visait, on s’en doute bien, à faire accepter par les Congolais et la communauté internationale la thèse selon laquelle les Tutsis Rwandais qui se sont autoproclamés «Banyamulenge» sont, eux aussi, des Congolais d’origine et par conséquent, des ayant droit des terres ancestrales congolaises.

Toute la problématique de cette affaire dite des «Banyamulenge» réside dans leurs tentatives répétées  de l’arnaque de notre historique dans le but de s’accaparer nos terres. Il est donc malhonnête de vouloir faire de la diversion en ravalant cette problématique au niveau de la xénophobie ou du débat de faciès comme tentent le faire les hégémonistes tutsis rwandais! Il s’agit bel et bien ici d’une problématique hautement politique, parce qu’elle touche à la souveraineté, à l’intégrité et la survie de l’Etat congolais !

Secundo : de l’usage abusif du mot «Communauté»

Nous tenons à attirer l’attention des Congolais sur un piège dangereux : vous devez faire très attention au glissement pernicieux que les Banyarwanda tentent d’introduire dans la sémantique administrative en parlant systématiquement des populations congolaises en terme de «communauté» en lieu et place de tribu ou ethnie.

En langage administrative, nous ne pouvons pas parler de « communauté des Congolais » pour désigner des populations à l’intérieur de la République Démocratique du Congo! Seuls les étrangers qui habitent en RDC sont désignés administrativement par le vocable « communauté». C’est ainsi quenous avons chez nous en RDC la communauté des sénégalais, des maliens, des zambiens, des français, des belges et des rwandais (appelés les «Banyarwanda »)… Mais  on ne peut pas administrativement parler de la « communauté des baluba, balunda, bakongo ou banande… » ! Car ces populations sont recensés et classifiées administrativement sous les vocables «tribu » ou « ethnie ». Ainsi, nos populations sont désignées sous le vocable d’ethnie  luba, kongo ou nande… Par contre, les populations congolaises de l’étranger sont désignées par le vocable « communauté ». Ainsi parle-t-on de la communauté des Congolais de France, de Belgique, de Canda…etc. Cependant, on peut bien parler, administrativement, de la communauté des banyarwanda au Congo, parce qu’ils sont des émigrés qui habitent le territoire congolais.

Mais si les experts tutsi-rwandais veulent créer et entretenir exprès cette confusion, c’est parce qu’ils veulent échapper à la difficulté que leur crée la sémantique «tribu» ou «ethnie» dont le critère distinctif en RDC est caractérisé par le fait que toutes nos langues congolaises sont éponymes. Ainsi, la langue tshiluba a donné son nom à la tribu luba, la langue kikongo à la tribu kongo, la langue nande à la tribu nande et ainsi de suite ! Ce qui n’est pas les cas des populations dites «banyamulenge» qui tirent curieusement leur nom du lieu qui les a accueillis et non de leur langue qu’est le kinyarwanda !      

Ceci dit, examinons donc maintenant les deux documents produits par les banyarwanda :

 

I. L’article de Cédric Muyoboke Mudumiza

  

A. Bref aperçu historique de la migration des Banyamulenge

 

    • Point 1

Les affirmations de Cédric Muyoboke concernant l’aperçu historique de la migration des Banyarwanda sont totalement fausses, et même la citation qu’il faite du livre de Georges Weis est tout aussi erronée et tronquée. Et l’auteur a fait tout cela pour soutenir l’arnaque et la distortion de l’histoire de la RDC en faveur de leur projet.

En effet, contrairement à ce que prétend crânement l’auteur de cet article dans ses écrits, les tribus congolaises n’ont pas coutume de porter plusieurs noms. A cet effet, les archives coloniales belges témoignent clairement qu’il n’y a pas eu un seul cas de changement de nom des tribus congolaises!

La référence que Cédric Muyoboke fait au n°4 dans son article est tirée de l’ouvrage du professeur Georges WEIS à la page 121 qui affirme tout à fait le contraire. (cfr. Le pays d’Uvira. Etude de géographie régionale sur la bordure occidentale du lac Tanganika, Bruxelles, Collection Mémoire, Série VIII, 1959, pp.121).

En effet, après le recensement de 1954, et devant expliquer le tableau n° 7 qui répartissait les populations de 3 villages (Bijombo, Kianjovu et Masango-Tutanga) du secteur d’Itombwe dans le territoire de Mwenga, le professeur géographe Georges Weis affirme sans ambigüité ceci : «le peuple que nous appelons «Rwandais» est directement originaire du Rwanda et non du clan des «Rwanda» qui émigra au début du XXèmesiècle vers Itombwe.» (Voir note infrapaginale à la page 121).

Le professeur Georges Weis précise d’ailleurs à la page 119 de son livre que l’administration coloniale a longtemps ignoré l’existence de ces populations au nombre de 3.548 individus dont 764 hommes, 854 femmes et 1.930 enfants. L’ouvrage précise bien que les populations qui ont été recensées sont les Fulero, les Vira, les Nyiuntu, les Shi, les Bembe, les Rega, les Bongo et les Mbuti. Il n’y a pas eu parmi elles des populations dites «Banyamulenge» !

Je mets donc monsieur Cédric Muyoboke au défi de produire un seul passage du livre de professeur Georges Weis où l’on peut trouver écrit noir sur blanc le mot «Banyamulenge » ! 

Les différentes appellations indiquées par C. Muyoboke Mudumiza sous les références n°1, 2 et 3 ne sont que des mystifications auxquelles s’adonnent depuis des années les hégémonistes tutsis-rwandais habités par leur obsession d’accaparer les terres congolaises du Kivu.             

Allons plus loin, sortons un moment de l’article de Cédric Muyoboke. D’autres intellos tutsis rwandais exploitent souvent abusivement le livre du professeur Jean Hiernaux, anthropologue de son état, pour appuyer et véhiculer cette fausse thèse défendue par Muyoboke. Or, plusieurs critiques historiques sérieuses relèvent que le professeur Hiernaux s’est gravement trompé lorsqu’il a affirmé que « c’est au cours du XIXème siècle, bien avant l’arrivée des Européens dans cette partie de l’Afrique centrale, qu’un groupe de pasteurs de la caste Tutsi venant de Shangungu et alla s’installer sur les plateaux d’Itombwe ». (cfr. Hiernaux, J., « Note sur les Tutsi de l’Itombwe. La position anthropologique d’une population émigrée », dans Bulletins et mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, Paris, 1955, Tome 7, XIè série, pp. 361-379).

Selon les critiques historiques, cette affirmation du professeur Hiernaux est fausse pour deux raisons :

  • 1° Raison :

Le centre de l’Afrique ou l’Afrique intérieure a été très longtemps considérée et ce, jusqu’à la seconde moitié du XIXè siècle, comme une « terra incognita », autrement dit une terre mystérieuse qu’aucun explorateur européen ou un autre aventurier, au sens premier du terme, n’avait osé s’y aventurer. Tous les récits des explorateurs européens bien après ne mentionnent nulle part la présence des immigrés dans la région actuelle du Kivu.

En effet, le tout premier explorateur qui a réussi à atteindre le cœur de l’Afrique centrale et la traverser de l’Est à l’ouest fut Henry Morton Stanley entre 1874 et 1877. Il a réalisé cette traversée après avoir accompli la mission pour laquelle il était venu en Afrique, c’est-à-dire, la recherche du pasteur David Livingstone qu’il retrouva en octobre 1871 à Udjidji.

  • 2° Raison :

Selon les critiques des historiens, la version livrée par le professeur anthropologue Jean Hiernaux ne cadre aucunement avec la réalité historique. Car, ne connaissant ni l’écriture graphique ni l’écriture idéographique, les peuples africains de cette époque-là n’étaient pas capables de situer ni de garder en mémoire la période du début du 19e siècle, période où se situe la prétendue immigration des pasteurs dans l’actuelle RDC. Et cela pour la simple raison que cette notion de datation temporaire leur était tout simplement inconnue.

Donc, la datation du début du XIXè siècle dans une «terra incognita» est à tout point de vue sujette à caution.

 

    • Point 2

Monsieur Cédric Muyoboke Mudumiza affirme pince-sans-rire dans son article que « les premiers Banyamulenge sont arrivés sur le territoire qui est devenu le Congo démocratique vers les années 1444 (XVèsiècle)». A la lumière de tout ce qui précède, cette affirmation fortuite de Cédric Muyoboke décrédibilise et dévalorise son auteur qui est incapable de produire un seul document historique sérieux pour étayer ses pitreries.

L’auteur croyait peut-être épater ses lecteurs, à défaut d’entuber le peuple congolais tout entier. Tout ce qui est raconté dans son article sort tout droit de l’imagination féconde des experts des laboratoires rwandais obsédés par l’idée de s’emparer des terres congolaises du Kivu. Aucune affirmation n’est étayée par une preuve scientifique valable !

 

B. De «lege lata» de la nationalité des Banyamulenge

 

Dans ce paragraphe de son article, Cédric Muyoboke utilise l’expression latine du droit ‘‘lege lata’’ qui signifie «en application du droit actuellement en vigueur». Et concernant  précisément le cas des Rwandais autoproclamées Banyamulenge, l’auteur de l’article renvoie le lecteur à la loi telle qu’elle existe actuellement.

Pour ce faire, l’auteur cite l’article 6 de la constitution de 1964 dite la constitution de Luluabourg qui stipulait que :

«Elle (ndlr : la nationalité congolaise) est attribuée, à la date du 30 juin 1960, à toute personne dont un des ascendants est ou a été membre d’une tribu ou d’une partie de tribu établie sur le territoire du Congo avant le 18 octobre 1908 »

Toutefois, nous n’arrivons pas à saisir la pertinence de la référence à cet article ni son rapport direct avec le cas des ‘Banyamulenge’ qui, eux, sont des Tutsis Rwandais, et leur cas ne rentre pas dans les conditions fixées par l’article 6 de la constitution de Luluabourg. Et pour preuve, Barthélémy Bisengimana, un mwanyarwanda, a trouvé bon de régler le cas particulier des «Banyarwanda» en 1970, parce que les dispositions de l’article 6 de la constitution de Luluabourg ne s’appliquaient pas à leur  communauté  habitant en RDC!  

Il convient cependant de préciser qu’après que la Belgique eut été choisie pour administrer les anciennes colonies de Rwanda et d’Urundi sous le mandat de la Société des Nations (SDN) en 1919, le pouvoir colonial belge organisa plus tard en 1937 l’immigration officielle des Rwandais dans sa colonie du Congo-Belge au travers de la Mission d’Immigration des Banyarwanda (M.I.B.). Cet organisme officiel recrutait de la main d’œuvre rwandaise sous le contrat déterminé de 3 ans pour aller travailler les nouvelles sociétés agro-pastorales du Kivu ou dans les mines du Kivu et du Katanga.

Au regard de l’expression latine utilisée opportunément par Cédric Muyoboke dans ce chapitre, je tiens à lui faire remarquer que la nationalité congolaise, de 1960 à nos jours, n’a pas changé de nature. Elle est et demeure une et exclusive. Tout étranger qui voudrait acquérir notre nationalité doit donc d’abord la demander en suivant la procédure juridique légale, et ensuite renoncer à sa nationalité d’avant.

Or, pour les Banyarwanda autoproclamés «Banyamulenge», leur démarche se bute à un obstacle juridique insoluble. Par ce que la constitution rwandaise en vigueur (lege lata) stipule en son article 7 que « la nationalité rwandaise d’origine ne peut être retirée ». Ce qui revient à dire que tout Rwandais d’origine reste Rwandais tout au long de sa vie sur cette terre des hommes !

En conclusion, le recourt à «lega lata» par Cédric Muyoboke, loin de plaider en faveur des Banyamulenge dont il se fait le défenseur et porte-parole, les enfonce plutôt encore plus dans le pétrin ! Car l’article 7 évoqué ci-dessus de la constitution rwandaise du 04 juin 2003 et « encore en vigueur»  est à ce sujet sans équivoque !

 

II.Examen critique de la déclaration de la communauté Banyamulenge

 

Au point 5 de leur déclaration, les banyarwanda demande à l’Etat congolais de «Prendre des mesures interdisant la politisation de la question de la nationalité par les politiciens en mal de positionnement ainsi que la discrimination liée aux morphologies; »

Je rappelle ici aux lobbyistes rwandais que partout dans le monde, y compris en RDC, la procédure d’acquisition de la nationalité relève d’une démarche purement administrative et individuelle. Mais lorsqu’un groupe important de population immigrée recourt à la fraude, au mensonge et à la violence pour s’accaparer des terres qui les ont accueillis en exil avec l’intention avérée de s’en approprier au détriment des autochtones, le dossier cesse d’être administratif pour devenir hautement sécuritaire et donc nationale. Et à ce titre, il interpelle tout le peuple congolais ainsi que tous ses leaders politiques, religieux, culturels et autres!

Que les hégémonistes tutsi-rwandais le comprennent bien : le spectre de la xénophobie qu’ils s’échinent d’agiter à travers les médias internationaux et nationaux ne nous effrayera jamais ! Parce que nous ne sommes pas des xénophobes! Notre histoire démontre à suffisance que le peuple congolais et ses leaders politiques ne se sont jamais rabaissés ni aux querelles ni aux conflits à caractère xénophobe !

Les tutsi-rwandais et les Banyarwanda devraient plutôt répondre aux questions suivantes : Pourquoi les populations congolaises ne sont en conflit avec aucune des nombreuses tribus ou ethnies qui vivent à califourchon sur les frontières de la RDC avec les 8 pays voisins qui les entourent ? Pourquoi les congolais sont-ils en conflit uniquement avec les populations de l’ethnie tutsi en provenance particulièrement du Rwanda ? Pourquoi les Congolais vivent-ils en paix avec plus d’une dizaine de tribus le long des frontières avec 8 autres pays voisins, sauf avec les tutsis du Rwanda ? Pourquoi la xénophobie dont les tutsis rwandais accusent les Congolais serait-elle sélective et ne s’appliquerait-elle qu’aux Tutsis du Rwanda et pas et aux autres ethnies qui vivent de part et d’autres des frontières congolaises ?

Nous comprenons que dans l’optique de leur théorie hitlérienne qui prône la supériorité de l’ethnie tutsie sur les autres, les hégémonistes tutsis puissent estimer qu’il est bon que le monde entier puisse chaque année commémorer le massacre d’un million de tutsi et de hutu intervenu au Rwanda en 1994, mais que par contre, les Congolais, eux, soient plutôt réduits au silence  devant le massacre de plus de 10 millions d’hommes, de femmes et d’enfants, massacres qui s’amplifient encore jusqu’à ce jour !       

Au point 10 de leur déclaration, les banyarwanda ont demandé à l’Etat congolais de «Réhabiliter les chefferies Banyamulenge créées respectivement le 6 octobre 1891, le 3 juin 1906 et le 2 mai 1910 supprimées par un décret colonial injuste du 5 décembre 1933; »

Cette démarche relève d’une malhonnêteté intellectuelle évidente des tutsi-rwandais qui ont tronqué à dessein les prescrits du décret du 06 octobre 1891 pour tenter d’accréditer auprès de l’opinion tant congolaise qu’internationale leurs mensonges éhontés et grossiers. Car, ce décret n’a jamais créé une seule chefferie et encore moins les prétendues « chefferie banyamulenge » comme le prétend le point 10 de la déclaration des Banyarwanda.

Le décret du 03 juin 1906 n’a pas non plus créé une quelconque chefferie que ce soit. Il avait plutôt pour objet d’insérer la chefferie dans la nomenclature administrative de l’Etat Indépendant du Congo. De ce fait, les chefs de chefferie devenaient, bon gré mal gré, des exécutants de la politique du pouvoir colonial. Ils étaient ainsi tenus de faire participer la population aux charges de la mise en valeur du pays. (Cfr. Vanderlinden J., « Regards sur la rencontre d’un ordre colonial et d’ordres précoloniaux. Fragment du destin des droits originellement africains dans le système juridique colonial belge », dans L’ordre Juridique Colonial Belge, n°.2, pp. 200.)

Dans ce même ordre d’idée, nous signalons que le décret du 02 mai 1910 autant que les autres cités précédemment n’a pas non plus créé une quelconque chefferie. C’est de la falsification des faits historiques sortant du cerveau des Banyarwanda pour accaparer à tout prix les terres congolaises du Kivu.

Notons que le pouvoir tant de l’Etat Indépendant du Congo (1885-1908) que celui de la Colonie du Congo-Belge (1908-1960) avaient reconnu légalement l’existence des chefferies. Tous les documents officiels dénombrant toutes ces chefferies sont disponibles encore aujourd’hui dans les archives officielles en Belgique. Et aucun de ces documents officiels ne signale l’existence d’une certaine tribu ou ethnie «banyamulenge» !

A cet égard, nous tenons à préciser que le décret du 06 octobre 1891 reconnaissait que « les chefs traditionnels exerçaient leur autorité conformément aux us et coutumes, pourvu qu’ils ne soient pas contraires à l’ordre public, et conformément aux lois de l’Etat » (**cfr. Vanderlinden J.,Idem, pp 200)

Toutefois, il est arrivé à trois reprises, durant toute la période coloniale, que le colonisateur belge a ignoré exprès, pour des raisons d’intérêts économiques, les us et coutumes des tribus du Kivu. Ainsi, sans tenir compte des prescrits traditionnels qu’il avait lui-même fixés, le pouvoir colonial belge avait créé des chefferies dites atypiques. Son objectif était de vouloir sédentariser ou fixer dans le Kivu, les populations qu’il avait lui-même déplacé du Rwanda au Kivu. Mais je me dois de préciser que même dans cette opération exceptionnelle, le nom de «Banyamulenge» n’apparait nulle part dans l’exposé des motifs des arrêtés qui avaient créé ces chefferies atypiques.

L’administration coloniale belge avait en effet créé 3 chefferies atypiques à savoir :

  1. La chefferie de Bwisha au sud de Rutshuru
  2. La chefferie de Gishari dans le Masisi
  3. La chefferie hunde de Bukama.

Et je précise ensuite que ces 3 chefferies atypiques ont été toutes supprimées en 1957 par l’autorité coloniale belge suite aux fortes pressions des protestations des tribus et ethnies congolaises des environs.

 

Conclusion

Comme on peut donc le constater, toutes les références et citations des documents historiques faites par les tutsi-rwandais ont été volontairement et par mauvaise fois, soit truquée, soit déformées soit tout simplement inventées pour tromper les Congolais et la communauté internationale.   

Si les Tutsi-rwandais prétendent qu’ils sont congolais comme toutes les autres tribus et ethnies de la RDC, qu’ils nous expliquent pourquoi ils se livrent aux mensonges, à la falsification de l’histoire et à la violence pour acquérir frauduleusement la nationalité congolaise ?

Voilà pourquoi nous réitérons notre invitation à nos voisins rwandais et leur demandons à nous concentrer sur l’examen des documents accablants produits par eux-mêmes, et qui dévoilent avec flagrance leurs manœuvres sordides à vouloir s’accaparer de nos terres.

Nous attendons toujours qu’ils nous produisent des documents historiques crédibles et sérieux qui mentionnent l’existence d’une tribu «banyamulenge» avant 1976, date de la publication du mémoire de licence de l’étudiant rwandais Tabazi Rugama.

En attendant, nous invitons la jeune congolaise à la vigilance et à la mobilisation tous azimuts, pour faire échouer toutes les manœuvres sordides des prédateurs qui œuvrent pour la mise à mort de la RDC en tant qu’Etat.

Je vous remercie !

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