FLASH-Réaction de l’APARECO à l’appel de Martin Fayulu:Appeler les policiers et les militaires à dénoncer les infiltrés est irresponsable et ridicule pour un leader congolais!

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Réaction de l’APARECO à l’appel de Martin Fayulu

Appeler les policiers et les militaires à dénoncer les infiltrés est irresponsable et ridicule pour un leader congolais!

Par Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba – Lundi 16 Décembre 2019

 

A son retour au pays ce dimanche 15 décembre 2019, le leader de l’Ecidé a lancé un appel aux policiers et militaires congolais leur demandant de dénoncer les infiltrés au sein de l’armée et des services de sécurité : « Regardez comment la famine bat son plein dans le pays », a-t-il lancé avant de continuer :«Nos amis policiers et militaires nous disent qu’au sein de l’armée, de la police il y a trop d’infiltrés. Si tu es un vrai policier et militaire et que tu vois un infiltré, il faut le dénoncer » !

Devant la gravité de la situation politique et sécuritaire que traverse actuellement notre pays, et au moment où le peuple congolais attendait des orientations et des instructions précises de la part de l’homme qu’il a élu à la magistrature suprême, l’appel du leader de l’ECIDE est non seulement décevant, mais irresponsable voire ridicule pour les raisons ci-après :

1. Dire aujourd’hui au peuple congolais que nos policiers et militaires nous révèlent qu’il y a trop d’infiltrés dans notre armée et police relève de la pure irresponsabilité. Car, plus qu’une simple infiltration clandestine, notre armée a plutôt connue l’intégration officielle (avec décrets présidentiels) de plus de 500 officiers et de plusieurs bataillons rwandais au sein de notre armée et police nationales. Et ce phénomène  n’est plus un secret pour personne ! Car le leader de l’ECIDE qui est un homme d’état ne peut pas prétendre ignorer que depuis le 28 janvier 2004, suite au décret présidentiel n°04/014 le peuple congolais avait vécu une expérience unique au monde où les agresseurs rwandais de la RDC ont été officiellement incorporés dans l’armée nationale. Il ne peut pas ne pas savoir que sous prétexte de la restructuration des Fardc, à travers des opérations de «brassage» et de «mixage», des bataillons entiers des agresseurs rwandais ont été officiellement injectés dans notre armée nationale dans le cadre d’une prétendue mise sur pied de la nouvelle armée nationale congolaise.

Le président élu Martin Fayulu ne peut pas ignorer qu’à la suite des accords conclus à Kigali en janvier 2007, à la suite du refus de Laurent Nkundabatware Mihigo d’appliquer le « brassage» de ses militaires rwandais, on avait plutôt procédé au « mixage » des deux brigades rwandaises du CNDP avec les trois brigades congolaises des FARDC !     

C’est par ces deux opérations de « brassage » et de « mixage », connues de tous, qu’Hippolyte Kanambe et les occupants rwandais ont dû faire entrer de manière officielle et en grand nombre des éléments rwandais au sein de Fardc. Quel est donc cet homme politique congolais qui ignore cette réalité connue de tous ?  Même par l’homme de la rue. Il est donc irresponsable qu’un leader politique, par surcroit candidat élu aux élections présidentielles, prétende que ce sont plutôt des pauvres militaires de rang qui lui révèlent seulement maintenant la cruelle réalité de l’occupation que tout le peuple subit depuis deux décennies!

 

2. En plus, le président de l’ECIDE se contente de demander aux pauvres militaires et policiers congolais de dénoncer ce qu’il appelle les «infiltrés» sans leur dire auprès de qui ni comment ils devraient le faire ! Devraient-ils dénoncer ces infiltrés rwandais auprès de Félix Tshisekedi qui est lui-même «infiltré» par le système d’occupation qui le contrôle totalement? Devraient-ils le faire auprès des FCC de «Joseph Kabila » ou alors auprès de LAMUKA et de l’ECIDE?

 

3. Quoiqu’il en soit, j’estime que le leader de l’ECIDE n’a pas besoin de la dénonciation des militaires ni des policiers pour connaître l’identité des officiers et généraux rwandais qui occupent les postes clés du commandement de l’armée et de la police congolaises. A ce sujet, nous lui recommandons entre autres le document d’enquête produit par l’APARECO et qui est disponible sur notre site. S’il le consulte, il constatera que le premier « infiltré rwandais» dans notre armée est justement Hyppolite Kanambe alias Joseph Kabila que nous devons  «dégager» par tous les moyens plutôt que d’envisager un quelconque dialogue avec lui. Car c’est lui qui a intégré (et non infiltré) officiellement des bataillons entiers de l’armée rwandaise et nommé plus de 500 officiers rwandais au sein des FARDC en remplacement des officiers congolais prématurément envoyés en retraite.

Demander aujourd’hui aux pauvres militaires de rang et aux policiers de dénoncer l’infiltration me parait donc à la fois irresponsable et totalement inutile. Un tel appel dénote même une totale fuite de responsabilité de la part d’un leader. Car le combat pour libérer notre armée de l’intégration massive des rwandais qui a conduit à son occupation relève de la responsabilité de la classe politique congolaise.

Et pour cela, il ne revient pas aux militaires ni aux policiers de dénoncer les «infiltrés» rwandais officiellement intégrés au sein de notre armée et notre police nationales. Il revient plutôt aux hommes politiques de dénoncer ces institutions iniques et surtout, d’avoir le courage de les quitter. Car c’est là que se situe la porte de sortie de notre crise. Et c’est là aussi que réside notre responsabilité en tant que leaders politiques, et non celle des pauvres militaires et policiers !

Ingeta !

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