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Pourquoi et dans quelle direction j’encourage la démarche politique de Martin FAYULU ?

Par Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba 

Paris, le 26 Avril 2019

«Connaitre, ce n’est point démontrer, ni expliquer. C’est accéder à la vision»

(Antoine de Saint-Exupéry ; Pilote de guerre)

La crise multidimensionnelle que traverse la République Démocratique du Congo, notre pays, durant plus de deux décennies, requiert de la part des acteurs politiques congolais la lucidité, la transcendance, la vision exacte des paradigmes et la constance dans la recherche de la bonne la solution finale. Les ambitions personnelles, les sentiments ethno-tribalistes et les élans régionalistes n’ont pas voie au chapitre ici. Seul le sauvetage du pays de la menace de sa disparition de la carte du monde doit et devrait être la préoccupation majeure de tout acteur politique congolais en cette période difficile, mais capitale  de notre histoire. Tel est le leitmotiv qui a guidé, et qui continue de guider mon combat politique depuis mon come back le 09 juin 2004 à Lomé au Togo. 

En 2005, lors d’un long entretien avec Jean Pierre Bemba dans un palace parisien, Je l’ai prévenu du piège que comportaient les élections. Je lui ai largement expliqué que malgré la large popularité dont il jouissait à travers le pays et qui lui garantissait une victoire certaine aux urnes, les occupants rwandais ainsi que leurs alliés et mentors occidentaux qui en contrôlaient l’organisation ne lui céderont jamais le pouvoir « démocratiquement ». Il avait approuvé totalement mon analyse. Mais il avait immédiatement rétorqué que si on lui volait sa victoire, il userait alors de son droit de citoyen et de tous les moyens matériels et humains dont il disposait pour faire valoir la volonté suprême du peuple congolais. Ce fut donc sur base de cette importante disposition que l’APARECO a concédé au schéma et accepté de contribuer à la mobilisation du peuple congolais pour soutenir son élection. Et en fin de compte, ce que nous avions prévu arriva : JP Bemba remporta effectivement le scrutin, mais le régime d’occupation qui organisait cette mascarade électorale détourna le vote du peuple congolais. Et c’est en ce moment-là que nous avions attendu, avec tout le peuple congolais, l’application de la solution de rechange promise par le leader du MLC. Mais malheureusement, il céda à la pression des occupants et de leurs alliés et mentors occidentaux, et «il accepta l’inacceptable» !

En 2011, pour une deuxième fois, j’ai prévenu Etienne Tshisekedi à travers la délégation des hauts cadres de l’UDPS que j’avais reçu dans un hôtel de la banlieue parisienne. J’ai lui ai fait la même analyse qu’à JP Bemba. Mais tout le monde connait l’argument massue qu’utilisa le leader de l’UDPS pour rassurer tous ceux qui, comme moi, tentaient de tempérer ses ardeurs et lui faire voir le piège de la manipulation au travers des élections. Il avait rassuré ses militants ainsi que le reste des congolais en affirmant que «cette fois-ci, les décideurs m’ont promis qu’ils feront appliquer la vérité des urnes »! Sur base de cette clause (à la quelle nous ne croyions pas beaucoup!), et devant l’ampleur de l’engouement populaire, nous avons préféré lui accorder le bénéfice du doute, nous avons concédé au schéma des élections, et nous avons contribué, comme en 2006, à la mobilisation des congolais pour son l’élection. Mais, comme ce fut le cas pour JP Bemba, Etienne Tshisekedi remporta le scrutin. Et comme il l’a fait à JP Bemba, le régime d’occupation qui organisait ces élections en détourna le résultat. D’autre part, les «décideurs» qui avaient promis d’imposer les résultats des urnes  approuvèrent la fraude et reconnurent «Joseph Kabila» comme Président de la République ! Et malheureusement, aux cris de colère du peuple congolais révolté qui lui demandait de lui lancer le mot d’ordre pour monter à l’assaut du régime d’occupation comme ce fut le cas en Tunisie, le Lider Maximo leur répondit : «Bokende kolala mpongi ya ba bébés» (traduisez : allez dormir en paix comme des bébés)!

C’est pourquoi, pour la troisième élection de 2019, j’ai choisi de ne faire aucune concession et d’appliquer «la tolérance zéro » ! Ainsi, la résistance congolaise réunie au sein du CNRC avait-elle reçu comme consigne de n’apporter soutien à aucun candidat de l’opposition  lors de cette mascarade électorale. Cette posture de la résistance était d’autant plus fondée que cette fois-ci, des indices probants montraient clairement que le lobby tutsi rwandais en RDC contrôlait parfaitement tout le mécanisme de fraude mis en place. Bien plus, nous étions persuadés que quels que soient les cas de figure, le régime rwandais, organiseur du scrutin, avait pris toutes les dispositions pour frauder  et détourner les résultats du vote populaire en sa faveur, comme en 2006 et 2011.

Et c’est ce qui arriva effectivement: Martin Fayulu élu à plus de 60% de voix par le peuple congolais, s’est vu rafler cette victoire par le régime rwandais d’occupation pour garantir la pérennité de son pouvoir et cela, grâce au service d’un pantin congolais acheté par la corruption et placé au sommet des institutions de la RDC pour camoufler la forfaiture.

En réaction, le peuple congolais exaspéré a crié à l’adresse de Matin Fayulu, le candidat qu’il a voté. Mais contrairement aux années 2006 et 2011,  le peuple n’a plus réclamé de marcher pour la « vérité des urnes », mais il lui a dit : « Pesa biso mindoki, tokende kobengana banguna ya mboka na biso » (Traduisez :Donnez-nous des armes pour aller chasser les ennemis de notre pays »! Et contrairement à JP Bemba et Etienne Tshisekedi, Martin Fayulu ne s’est pas débiné, du moins  jusqu’ici, de cet appel populaire. Bien au contraire, il a donné au peuple congolais deux réponses qui ont retenu notre attention. Il a rétorqué au peuple : «Bino moko bozali mondoki» (Traduisez : vous êtes vous-mêmes les fusils !» Et il a ensuite promis aux congolais qu’il était à la disposition du peuple, et qu’il ira jusque là où le peuple lui dira d’aller !

En attendant qu’il traduise dans les actes ses promesses, j’encourage cette attitude de Martin Fayulu, car elle est différente de celle qu’ont eue ses deux prédécesseurs en 2006 et 2011. En effet, jusqu’ici, il n’a pas fermé la porte et il ne s’est pas détourné de l’appel du peuple congolais qui espérait faire de lui, à travers les dernières élections de décembre 2018, sa porte de sortie de cette longue crise d’occupation. Le peuple congolais apprécie cette attitude qui lui procure de l’espoir pour poursuivre son combat. Le général Charles De Gaule avait dit avec raison : «La fin de l’espoir est le commencement de la mort».  

J’encourage donc la position politique de Martin Fayulu parce qu’elle ne cesse d’évoluer vers celle des résistants congolais. Pour preuve, le leader politique de l’ECIDE a été le seul opposant politique congolais qui a réagi favorablement (bien que partiellement) aux propositions des 7 mesures que j’ai faites, au non de la Résistance congolaise, à la classe politique de l’opposition en RDC. Martin Fayulu a été le seul leader de l’opposition qui avait renoncé à ses émoluments de parlementaire pour marquer son rejet du régime d’occupation en place. Evidemment, nous aurions souhaité qu’en cette époque-là, il poussa son action jusqu’au retrait définitif des institutions en place. Mais cela ne lui enlève pas le mérite du geste qu’il a posé.

J’encourage et je soutiens la réponse de Martin Fayulu quand il dit au peuple congolais qu’il est lui-même le fusil pour le combat de libération de la RDC. Ces propos rejoignent parfaitement la vision de la résistance qui a toujours dit et répété que le peuple congolais constitue la seule force qui stoppera le rouleau compresseur des lobbies mafieux internationaux et des multinationales qui manipulent leurs proxys africains rwandais et ougandais qui ont agressé et occupent notre pays ! Car partout dans le monde et à travers l’histoire, chaque fois que les dirigeants politiques ou religieux ont failli à leur devoir devant la nation, c’est le peuple qui a toujours été le dernier recours et l’ultime rempart. Cependant, ne l’oublions pas, le peuple a aussi besoin, en même temps, de vision et d’éclairage de la part de l’élite politique et intellectuelle du  pays!

Pour cela, j’encourage et je conseille donc à Martin Fayulu de ne pas tomber dans le piège du carcan régional, tribal ou ethnique, mais de transcender ses origines et son milieu naturel pour se fondre dans la synergie nationale qui devra générer la flamme patriotique de toute la nation congolaise.

Je lui demande de ne pas seulement se contenter d’être à l’écoute du peuple congolais pour aller jusqu’où le peuple voudra qu’il aille, et pour s’arrêter là où il voudra qu’il s’arrête. Mais je lui demande d’assumer pleinement le rôle de «visionnaire» et de «meneur» de foules, tâche révolue à tout leader politique. Car, il arrivera un moment où le leader devra combler et braver l’ignorance du peuple ainsi que ces élans émotifs, pour lui indiquer la bonne direction à prendre et pour tempérer ces émotions!

C’est pourquoi, J’estime que l’heure est venue pour le rassemblement effectif de toutes les élites politiques et intellectuelles congolaises qui ont survécu à la vague ravageuse des corruptions multiformes de la classe politique congolaise en particulier et de son élite en général. L’heure est venue pour que tous ces braves fils et filles du pays sortent de leur isolement et se rassemblent autour du peuple congolais pour la bataille finale.

Je pense ici évidement à Martin Fayulu, qui a rejeté les offres malpropres de «Kabila» qui lui proposait des «arrangements secrets» pour étouffer le scandale et apaiser la colère des congolais. Je pense à lui pour avoir résisté aux multiples pressions subies lors de sa tournée en Occident pour l’obliger à rejoindre la coalition traitresse de « Kabila » et Tshisekedi afin de consolider l’imposture au sommet des institutions en RDC. Je pense à lui parce qu’il a fait ce que les deux autres candidats congolais n’ont pas pu faire avant lui ;  

Je pense ici, au docteur Mukwege dont le sacrifice, fait au risque de sa propre vie pour sauver des milliers de nos mamans abimées par la barbarie des occupants, a réussi à briser les barrières de l’omerta et à alerter le monde sur les horreurs du drame humanitaire qui se déroule en RDC ;

Je pense aussi à Valentin Mubake qui a pu résister aux offres de corruption faites dernièrement par « Kabila » ; j’apprécie à sa juste valeur son courage pour ses prises de position depuis les dernières fraudes électorales de décembre 2018, car elles dénoncent sans ambages les actes de corruption et des magouilles qui ont conduit à l’alliance infernale entre le FCC de « Joseph Kabila » et le CACH de Félix Tshisekedi ;

Je pense entre autres au professeur Mathieu Kalele pour la pertinence de ses analyses, pour son intégrité morale et intellectuelle, pour le courage politique de son discours qui ne cesse de stigmatiser la plaie de l’occupation et les affres de la corruption de la classe politique congolaise ;

Je m’en voudrais de ne pas penser ici à tous ces meneurs d’opinion au sein de la diaspora congolaise tels que Léon Muntutu, Paul Kahumbu, Odon Mbo, Robert Mbelo,  Kerwin Mayizo, Mufoncol Tshiyoyo, Pasteur Jacques Dimanza, Patrick Tshibangu, Professeur Yombi, Professeur Yaalengi…. et j’en passe. Tous ces braves compatriotes ne cessent de s’époumoner pour galvaniser l’opinion des congolais et celle de la communauté internationale au sujet du noble combat patriotique que mène le peuple congolais contre l’occupation de son territoire national.

J’estime sincèrement que le moment est propice pour que toutes ces voix de la résistance congolaise se rapprochent les unes des autres et s’harmonisent autour de la dynamique du soulèvement populaire que réclame aujourd’hui à cor et à cri le peuple congolais à travers toutes les régions de la République Démocratique du Congo.

Je le dis parce que l’expérience et l’histoire nous révèlent que c’est souvent de la diaspora que jaillit l’esprit du soulèvement. Et c’est de la diaspora que son vent déferle ensuite vers les peuples à l’intérieur du pays. 

Et en ce qui nous concerne, nous pouvons affirmer aujourd’hui en toute humilité, mais avec fierté, que la diaspora congolaise a non seulement réussi à créer cet esprit du soulèvement populaire, mais qu’elle est aussi parvenu à l’insuffler au peuple congolais à travers toutes les régions du pays. La fièvre patriotique que nous avons tous vécu lors des dernières campagnes électorales constitue, si besoin en était, une brillante démonstration !

C’est pourquoi, au nom de la résistance congolaise, je recommande vivement à Martin Fayulu, en tant que «porteur» par excellence des aspirations du peuple congolais pour un soulèvement populaire devant conduire à la libération totale et inconditionnelle de la RD Congo occupée, je lui recommande disais-je, d’activer sans tarder, avec l’aide de tous les patriotes résistants dont je viens d’indiquer certains noms, le mécanisme de ce vaste rassemblement pour passer rapidement à l’action proprement dite devant conduire à cette action tant attendue de libération totale et inconditionnelle de la République Démocratique du Congo.

Et c’est uniquement dans l’optique de cette dynamique-là que nous mettrons toute notre énergie  pour éviter la mort certaine de la grande nation congolaise.

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son peuple ! 

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Candide Okeke

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