APARECO NEWSLETTER-Reconnaissance internationale de F.Tshisekedi comme président de la RDC: Les Congolais doivent-ils se contenter d’une démocratie au rabais ?

APARECO NEWSLETTER

 

Reconnaissance internationale de Félix Tshisekedi

comme président de la République Démocratique du Congo:

Les Congolais doivent-ils se contenter d’une démocratie au rabais ?

Par Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba

 

VERSION AUDIO:

 

Paris, le 17 février 2019

 

 

Je m’en souviens encore, un certain 7 novembre 2000, le monde entier avait retenu son souffle : les États-Unis d’Amérique venaient de connaitre la première crise électorale de son histoire. La victoire du candidat républicain Georges W. Bush Junior dans l’état de Floride, avec 537 voix d’avance seulement sur son rival, le démocrate Al Gore, fut contestée par ce dernier qui saisit la Cour Suprême de Floride et la Cour Suprême des États-Unis.Celle-ci, après un débat procédural qui dura plus d’un mois, le mois le plus long de la démocratie américaine, statua le 12 décembre 2000, par 7 voix contre 2, que le recompte des voix ordonné par la Cour Suprême de Floride était anticonstitutionnel, et par conséquent, proclama Georges W. Bush Junior 43eprésident des États-Unis d’Amérique. Comme on le voit, pour trancher ce litige électoral entre les deux candidats à la magistrature suprême, le vote du peuple américain ainsi que les lois et la constitution des Etats-Unis furent les seuls éléments de référence qui ont été  pris en compte.  

Et voilà que dix-neuf ans après, quelque part au cœur de la vaste forêt tropicale d’Afrique, dans une République bananière, surnommée, pour la blague, «République Démocratique du Congo», éclate au mois de janvier 2019 une crise semblable à celle des Etats-Unis, au lendemain de la proclamation des résultats des élections, organisées par une officine gouvernementale baptisée « Commission Electorale Nationale Indépendante », C.E.N.I. en sigle. Cette officine a pour mission de manipuler l’organisation des élections et surtout de trafiquer les résultats pour le compte du régime au pouvoir. C’est une pratique à la mode en Afrique pour «légitimer» les élections frauduleuses en faveur du dirigeant politique au pouvoir. Tout le monde connait cette triste vérité, mais chacun a décidé de fermer pudiquement ou hypocritement les yeux et de considérer quand-même ce «machin» comme une sorte d’«assurance-démocratie». C’est une pratique de génie, semble-t-il, inspirée par l’Occident pour octroyer le cachet de …«démocratie» et de «légitimité» aux élections organisées dans des pays sous-développés d’Afrique et du Tiers-monde par les dictatures agréées ou tolérées (c’est selon) par les capitales occidentales.

Mais cette fois-ci, le 30 décembre 2018 en RD Congo, les puissants «décideurs» occidentaux qui se sont substitués au peuple souverain du Congo ne voulaient plus du maintien de «Kabila» au pouvoir à cause de son «infidélité» et de sa «trahison» en faveur des pays de l’Est. Ainsi, ils ont décidé de «piéger» la fameuse C.E.N.I., grâce à l’intervention musclée des évêques de l’église catholique réunis au sein de la CENCO, un organe suprême qui coiffe la puissante église catholique romaine de la RD Congo, pays à dominance chrétienne (93%). Cette église a déployé 40.000 observateurs, formés pour la circonstance, dans tous les bureaux de vote sur le territoire national. Ce dispositif particulier de la CENCO a réussi à prendre de vitesse la C.E.N.I.,  en compilant avant elle les résultats de tous les bureaux de vote dans les heures qui ont suivi la clôture des opérations de vote. Elle a ainsi pu déterminer avec précision et assurance le nom du vainqueur du scrutin que fut, sans conteste, le candidat de la coalition LAMUKA, monsieur Martin Fayulu avec plus de 60% de voix.

Mais ce fut sans compter avec la détermination du dictateur et imposteur rwandais au pouvoir en RDC ! En effet, malgré la flagrance des résultats, l’officine gouvernementale, la C.E.N.I., reçut l’ordre de proclamer vainqueur monsieur Félix Tshisekedi, sorti 3esur la liste. Il fut ainsi  désigné d’autorité «Président de la République» par «Joseph Kabila», un double récidiviste des années 2006 et 2011 ! Seulement, cette fois-ci, à cause des vrais résultats connus d’avance et (discrètement) communiqués par la CENCO aux chancelleries occidentales à Kinshasa ainsi qu’à certaines rédactions des médias occidentaux, le scandale éclata au grand jour! 

Dès le début de la crise, l’Occident fait mine d’être choquée et de s’opposer à la décision de la C.E.N.I. L’Union Européenne lui demande de proclamer les vrais résultats qui reflètent la volonté souveraine du peuple congolais. La France et la Belgique montent au créneau par la voie de leurs ministres des Affaires étrangères pour invectiver et mettre en garde le régime de Kinshasa contre le hold-up électoral. Mais «Kabila», conseillé et soutenu dans l’ombre par les pays de l’Est dont principalement la Russie et la Chine, regimbe à la pression occidentale et ordonne à «sa» Cour constitutionnelle de confirmer la décision inique de la C.E.N.I. L’Union africaine, sous l’égide du rwandais Paul Kagamé, complice patenté de «Kabila», balbutie une menace depuis Addis-Abeba, gesticule pour le besoin du show politique, et se tait dans toutes les langues.   

Et dès que Félix Tshisekedi prêta serment le 24 janvier 2019, il eut brusquement un changement d’attitude et de discours à travers le monde: l’Union Européenne écrivit une lettre officielle, non seulement pour féliciter Félix Tshilombo, mais aussi pour se précipiter dans ses bras afin de le supplier d’accélérer le retour de son ambassadeur ainsi que l’ouverture de la Maison Schengen à Kinshasa ! Emmanuel Macron, dont le ministre des Affaires étrangères avait dénoncé, le premier en Europe, les faux résultats des élections proclamés par la C.E.N.I., invitant celle-ci à respecter le choix du peuple congolais tel que révélé par la CENCO, le président français disais-je, écrivit lui aussi une lettre officielle pour féliciter le nouveau président nommé par «Kabila» contre la volonté du peuple congolais. Et dans sa lettre, le président français écrit noir sur blanc : « Votre élection à la présidence du Congo marque la première transition pacifique de l’histoire de votre pays.» Et il ajoute surtout ceci : «Elle(ndlr : l’élection) est le fruit de la volonté d’alternance et d’engagement que les Congolais ont exprimé avec force et dans le calme ». S’agit-il ici d’ironie ou de cynisme ? La question reste posée. 

Et lorsque un journaliste de RFI interpelle le ministre français des affaires étrangères, monsieur Yves Le Drian, sur la fermeté de la France contre l’élection contestée de Nicolas Maduro au Venezuela et la reconnaissance de Paris à l’élection aussi très contestée de Félix Tshisekedi en République Démocratique du Congo, le patron de la diplomatie française répond sans sourciller : «L’élection s’est achevé parune sorte de compromis à l’africaineJe ne vois pas pourquoi on le remettrait en cause aujourd’hui. Félix est devenu président dans une configuration très particulière et propre à la République Démocratique du Congo(ndlr : c’est moi qui souligne).

Quel est donc ce «compromis à l’africaine» auquel fait allusion Yves Le Drian ? Car nous n’avons connaissance que des seuls accords secrets signés sur fond de corruption entre « Joseph Kabila » et Félix Tshisekedi, et au terme desquels le leader de l’UDPS acceptait de jouer au Medvedev congolais pour le compte du président sortant? En tant que français, Yves Le Drian est sensé savoir que lorsque l’on parle de compromis, cela suppose nécessairement l’existence d’un arrangement à l’amiable entre deux ou plusieurs antagonistes. Or, tout le monde sait qu’il n’y a eu aucune rencontre directe ni par personnes interposées, entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu  depuis l’éclatement de la crise électorale. A mon avis, quand le ministre français parle de «configurations trèsparticulières et propres à la RDC », il ne peut que faire allusion aux accords secrets assortis de la corruption de Félix Tshisekedi d’une part, et à la décision inique de la Cour constitutionnelle sous les ordres de «Kabila» de l’autre. 

C’est cela qu’il appelle à sa façon : «une sorte de compromis à l’africaine» ! Les Congolais, et les autres Africains, ont-ils compris ce langage méprisant et dégradant du ministre français? J’en doute. 

Les dirigeants politiques de la France, pays de «liberté» et d’«égalité», ignorent-ils que la démocratie est essentiellement une affaire de «principes» et de «valeurs» universelles qui doivent être partagés par tous les peuples sans distinction (j’allais dire discrimination)de race, de continent ou de niveau de développement?                 

Mais voilà, tandis qu’ils sont en train de fouler aux pieds le droit à la démocratie du peuple souverain de la RD Congo, les mêmes pays occidentaux sont tous partis en croisade dans la crise politique du même genre qui sévit au Venezuela, mais cette fois-ci, pour voler au secours de la «démocratie» du peuple vénézuélien ! Peut-on expliquer pareille antinomie de la part des héritiers et descendants de Descartes? 

Le président  Macron ne s’est même pas gêné de balancer via Twitter le message suivant: « Les Vénézuéliens ont le droit de s’exprimer librement et démocratiquement… » !

Ah bon ? Et les Congolais alors…? Que fait la France de la liberté du peuple congolais et de son droit à la …«démocratie»? 

Ah, excusez-moi, j’avais oublié que nous autres Congolais, nous n’avons pas droit à la même démocratie que le reste du monde car, sur décision unilatérale des « maîtres du monde», notre territoire national a été décrété, depuis 1885, «terra nullius» ! Notre pays, aux yeux du monde, ne nous appartient donc pas! Par conséquent, à leurs yeux, la voix ou la volonté du peuple congolais ne comptent pas  non plus!  

Voilà pourquoi je l’ai dit hier, je le redis aujourd’hui et je le redirai encore demain, mes frères, que la solution du problème congolais ne viendra ni de l’Orient, ni de l’Occident. Parce que seuls, une prise de conscience collective et une ferme décision d’engagement de tous les Congolais, parviendront à briser les chaînes de l’opprobre et de la prédation. Car, comme l’a dit  Mahatma Gandhi, «à l’instant où l’esclave décide qu’il ne sera plus esclave, ses chaînes tombent » !   

Réfléchissons-y bien, mes frères !

Que Dieu vous bénisse, et bénisse le Grand Congo !

Ingeta !  

 

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