Est-ce que peut-on s’attendre à une paix par le simple fait que des voix au niveau de la communauté internationale désignent le Rwanda comme bras armé du M23 ?

Il y a une technique qui consiste à vous caresser dans le sens du poil tout en vous volant votre bien. C’est ce à quoi nous assistons dans ce ballet diplomatique que nous qualifierons de carnaval.

Le 6 février 2024, l’ambassadrice Lucy Tamlin a essayé de caresser l’opinion publique locale dans le sens du poil en postant sur son compte X que «les Etats-Unis condamnent le M23, soutenu par le Rwanda, qui est sous le coup de sanctions américaines depuis 2013 et nous nous tenons aux côtés du peuple congolais…». 

Le 7 février 2024, le secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de la paix, a  insisté mercredi, dans un communiqué, sur la cessation immédiate des hostilités du M23 appuyé par le Rwanda. Dans le rapport définitif d’un groupe d’experts des Nations-Unies publié le 19 juin 2023, on pourrait lire: Nous réitérons notre appel au Rwanda de cesser immédiatement de soutenir le groupe armé M23. Le 27 octobre 2022, le représentant des Etats-Unis auprès de l’ONU, Robert Woods, appelait Kigali à stopper l’appui aux groupes armés. Déjà en 2013, John Kerry, alors Secrétaire d’État américain, avait accentué la pression sur le Rwanda, accusé de soutenir le M23. 

Les Congolais peuvent tirer de nombreuses leçons sur l’impuissance des Nations-Unies à s’imposer face à ceux qui siègent de manière permanente au Conseil de sécurité.

De Boutros-Boutros Ghali à Antonio Guterres, aucun Secrétaire  Général n’a su s’opposer aux massacres des 15 millions des morts congolais, sauf peut-être à demi mot, question de conserver son poste.

Madame Bintou Keïta, l’actuelle chargée des missions de l’ONU en RDC s’aligne sur la rhétorique Kagaméenne, celle prétextant la présence des FDLR à côté des FARDC.

Nous, Congolais, les exhortons à trouver une autre excuse car celle-là a fini par montrer ses limites.

Peuple congolais, ne soyons plus dupes. Alignons nous sur le sursaut malien, nigérien et burkinabé. L’esclave a le pouvoir de décider de mettre fin à son esclavagisme. Cela s’appelle la révolte.

Je vous prie d’écouter en boucle le capitaine burkinabè, Ibrahim Traoré, lorsqu’il parle des conseillers militaires leur imposer par la France. Lorsqu’ils ont décidé des chasser ces conseillers militaires français, la force terroriste avait quadruplé. Allez y comprendre.

De là à conclure que les français entretenaient des relations avec les terroristes, il n y a qu’un pas.

Le capitaine Ibrahim Traoré disait :”Vous ne pouvez pas espérer retrouver votre objet perdu en faisant appel à celui même qui vous l’a volé de venir vous aider à le chercher”.

Les Congolais doivent comprendre que ceux là même qui font semblant de s’apitoyer sur leur malheur ne le font pas pour compatir aux souffrances des Congolais mais c’est pour leurs propres intérêts.

D’une main, ils font semblant de défendre notre cause et de l’autre, ils nous pillent par le biais de ceux là mêmes qu’ils pointent du doigt. Ils prétendent nous soutenir pendant qu’en même temps ils fournissent nos agresseurs en armement et conseillers militaires.

Peuple congolais, l’APARECO dans son combat a toujours prôné la résistance car notre pays est occupé et doit être libéré. Infiltré à tous les niveaux de nos institutions, la solution viendra du soulèvement populaire. Prenons tous conscience et reveillons nous. Nous avons assez eu le temps d’étudier et de comprendre l’attitude de la communauté internationale. Sortons de cette léthargie.

Chers compatriotes, c’est avec beaucoup de peines que je vous mets cette citation de James C. Devies (cfr son ouvrage: Vers une théorie de la révolution non violente) mais en même temps, j’espère réveiller votre patriotisme : “Placés devant l’alternative de prendre ou leurs chaînes ou leur survie, les gens optent le plus souvent pour leurs chaînes”.

Fait à Paris, le 25/02/2024

Clovis MBIKAY

Vice-Président national chargé des Affaires Intérieures  / APARECO  

 

 

 

 

 

 

Facebook Comments
Comments are closed