«Forum de haut niveau pour la réforme électorale efficiente en RDC» transformé en monologue pour LAMUKA !

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«Forum de haut niveau pour la réforme électorale efficiente en RDC» transformé en monologue pour LAMUKA !

Par Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba) – Le 29 Août 2020

Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’Homme, mais pas assez pour assouvir son avidité ” (Mahatma Gandhi)

Ces paroles combien profondes de l’homme politique indien devraient interpeler fortement aujourd’hui toute l’élite congolaise, particulièrement sa classe politique qui souffre d’une boulimie insatiable du pouvoir, d’argent et d’honneur. Cette boulimie l’a conduit à fouler aux pieds les valeurs sacro-saintes de souveraineté, de dignité et du bien-être du peuple congolais, ainsi que les impératifs de stabilité et d’intégrité  pour la République Démocratique du Congo. Tout le monde sait que la classe politique congolaise aime recourir à la fantasmagorie qu’elle utilise comme son arme politique par excellence. C’est ce qui explique le tapage fait au sujet du fameux «Forum de haut niveau pour la réforme électorale efficiente en RDC». C’est là encore une preuve de plus que les politiciens congolais adorent gaver leur peuple avec  des billevesées et des mirages. La multiplication des dialogues de pacotille est devenue leur marque de fabrique pour se frayer chacun un passage qui lui donne accès à la mangeoire nationale.

Soixante ans après l’indépendance du Congo, les prétendues élites politiques congolaises ne parviennent toujours pas à assumer le destin  de leur peuple et de la nation congolaise. Elles sont encore et  toujours tenues en laisse par cet éternel lobby des marionnettistes néocolonialistes belges qui tantôt leur rédigent la constitution de leur pays, tantôt leur organisent les élections bidons pour imposer au peuple congolais des marionnettes à la tête de nos institutions. Et voilà qu’à peine deux mois seulement après la commémoration des 60 ans d’indépendance de notre pays, les prestidigitateurs de l’Université de Liège débarquent à Kinshasa tambour battant pour rassembler, comme des moutons de Panurge, tous les hommes politiques congolais pour leur apprendre les voies et moyens de procéder à «la reforme électorale efficiente  pour la RDC»!

Je me demande sincèrement si les hommes politiques congolais sont réellement devenus amnésiques au point d’oublier que les organisateurs de ce fameux forum sont ceux-là mêmes qui, sous l’égide d’un certain Louis Michel de triste mémoire, avaient organisé la fraude massive des élections de 2006, après avoir rédigé et imposé aux congolais la constitution qu’ils chérissent encore aujourd’hui ; une constitution qui véhicule le virus de la balkanisation de la RDC grâce à la multiplication des provincettes qui ont pour objectif d’exacerber les conflits tribaux, et grâce à l’article 217 dont se servent aujourd’hui malicieusement les différents think tank pour justifier la thèse de la balkanisation de la RDC.

Le cardinal Ambongo Besungu fustige la scène politique congolaise - Le site de l'Eglise Catholique en Belgique

De quelles réformes la RDC a-t-elle besoin aujourd’hui ?

Avons-nous besoin de la réforme de la CENI réclamées par la pseudo-opposition congolaise pour aller aux élections, mais toujours avec les institutions iniques dirigés par les occupants étrangers ? Ou avons-nous besoin de la remise en question mieux, du rejet pur et simple des institutions iniques qui ont été imposées au peuple congolais par les puissances extérieures qui occupent et pillent systématiquement notre pays depuis plus de deux décennies?

Alors que l’Eglise du Christ au Congo (E.C.C.) a lancé dernièrement un appel à toute l’élite politique, scientifique et religieuse de la RDC pour réfléchir sur les menaces pressantes d’un complot international qui vise à faire disparaître notre pays de la carte du monde. Mais les politiciens congolais de la prétendue opposition, eux, préfèrent plutôt mobiliser le peuple pour ergoter au sujet des réformes de la CENI pour préparer les élections de 2023. Mais qui leur dit qu’en 2023, si nous continuons toujours dans cette voie de l’inconscience et de la bêtise, la RDC sera encore un Etat souverain?        

Mon inquiétude est encore plus grande lorsque j’observe le comportement de certaines organisations civiles et de certaines églises. Car, contrairement à l’Eglise du Christ au Congo (E.C.C.) qui rassure par la constance de ses prises de position face à cette crise multidimensionnelle, l’Eglise catholique par contre, inquiète par sa versatilité.

En effet,

  • après avoir appelé le peuple congolais en 2018 à refuser et à résister à toutes les manœuvres frauduleuses de la CENI dont particulièrement celle concernant sa fameuse «machine à voter» ;
  • après avoir changé d’avis et demandé au peuple congolais d’aller quand-même voter avec …les mêmes « machines à voler» tout en lui promettant que des mesures idoines seront prises pour veiller au respect du résultat du vote populaire;
  • après avoir dénoncé en décembre 2019 la fraude massive de ces élections par le régime d’occupation, organisateur du scrutin;
  • après avoir réclamé à cor et à cri le rétablissement de «la vérité des urnes»;
  • après avoir changé de nouveau d’avis en janvier 2019 et demandé au peuple congolais d’accepter la fraude électorale car, pensait-on, «du mal originel pouvait sortir un bien» (sic) ;
  • après avoir dénoncé «cette coalition politique» qui a «perdu sa raison d’être» et qui «devrait normalement disparaître», car «il n’y a rien à espérer de nos gouvernants», et après avoir demandé «au peuple de se tenir en ordre de marche» contre ce pouvoir car, cette fois-ci, « il faudra qu’il nous trouve sur son chemin » ;

Voilà qu’après toutes ces déclarations versatiles et contradictoires les unes et les autres, l’Eglise catholique fait de nouveau volte face et organise, avec les marionnettistes néocoloniaux de l’Université de Liège, un simulacre de réforme électorale pour 2023. De qui se moque-t-on en fin de compte?

Que dire alors de ces leaders politiques qui avaient promis au peuple congolais au lendemain du holdup électoral, tantôt la « vérité des urnes », tantôt la révolution populaire pour la libération de la RDC, mais qui répondent aujourd’hui, comme des moutons, à l’appel des lobbies marionnettistes étrangers qui veulent imposer au peuple congolais le même scénario de fraude électoral comme nous l’avons vécu en 2006, 2011 et 2018?  

L'absence de la coalition FCC-CACH au Forum de haut niveau sur la réforme électorale efficiente en RDC perçue comme un refus de collaborer à la recherche du consensus | AfricaNews RDC

FCC-CACH se débinent, LAMUKA seul sur la scène !

Après avoir inauguré, avec tambours et trompettes, la cérémonie d’ouverture des travaux de ce fameux forum, les organisateurs se sont vus contraints de stopper le déroulement des travaux faute du quorum, car les membres de la coalition au pouvoir,  FCC-CACH, ont séché les séances. 

Les «décideurs» venus de Bruxelles pour organiser ce forum ont commis l’erreur de négliger la position de l’imposteur national «Joseph Kabila» vis-à-vis de leur initiative. En effet, le dimanche 23 août dernier, Néhémie Mwilanya, le coordonateur du FCC a rappelé la position de sa plate-forme exprimée déjà le 29 juillet dernier, position qui refuse tout dialogue sur les réformes électorales en dehors du cadre institutionnel. Les organisateurs ont en outre négligé le silence approbateur de Félix Tshisekedi, l’allié fidèle de «Joseph Kabila».

Les lobbyistes de l’Université de Liège ont certainement oubliés dans leurs calculs de considérer que l’alliance FCC-CACH au pouvoir n’a aucun intérêt à s’engager dans une quelconque réforme de la CENI dont le résultat conduirait à leur faire perdre le contrôle de ce précieux instrument dont ils auront besoin pour frauder les élections et se maintenir au pouvoir en 2023. Demander à « Joseph Kabila » de réformer la CENI, c’est lui demander de scier la branche sur laquelle il est assis. Et demander à Félix Tshisekedi de réformer la CENI, c’est lui demander de se mettre la corde au coup et de se priver des moyens de manipuler et de frauder les élections pour tenter, lui aussi, de se maintenir au pouvoir en 2023. Ni l’un ni l’autre n’a intérêt à reformer la CENI !         

Et à ces calculs politiciens, il faut ajouter un autre paradigme important qui a déterminé la décision de la coalition FCC-CACH de rejeter l’initiative de ce forum. La vérité est que la coalition au pouvoir a senti le vent de l’hostilité de la majorité du peuple congolais, particulièrement  la colère de la jeunesse qui n’a  pas mis des gants pour fustiger le syndrome du larbin dont souffre une grande majorité de la classe politique congolaise.

C’est pourquoi, LAMUKA s’est retrouvé pratiquement la seule plate-forme politique qui a favorablement répondu au fameux rendez-vous des organisateurs. Et du coup, ce forum s’est transformé en un simple monologue des seuls leaders de la plate-forme politique LAMUKA. Ridicule !  

Devant cet imbroglio politique où le vice se mêle à la vertu, le mensonge à la vérité, la malice à la droiture, la jeunesse congolaise doit relever le défi et choisir l’excellence. Elle doit se démarquer sans hésitation de cette élite politique compradore, amorale et sans idéale politique. Car, tous les politiciens congolais de tout bord, de l’opposition au pouvoir, tous n’ont d’yeux que pour le pouvoir, l’argent et les honneurs ! Alors qu’au même moment, nos ennemis massacrent nos frères à l’Est du pays, occupent nos terres et travaillent assidument pour faire disparaître notre pays de la carte du monde !   Et dans la situation de précarité où se trouve aujourd’hui la République Démocratique du Congo, notre pays, la politique doit cesser d’être un marché de dupe où les politiciens se complaisent d’offrir au peuple de la poudre de Perlimpinpin.

Il est temps que la politique devienne un sacerdoce en RDC où les leaders politiques seront des bergers pour leurs peuples. Car l’heure de la course à la mangeoire est révolue! Chaque élite congolaise doit dorénavant comprendre qu’aucun intérêt privé ne saurait lui profiter seul, si nous n’arrivons pas ensemble à préserver et à sauvegarder d’abord ce que nous avons de plus sacré et de sublimissime, je veux dire la terre de nos ancêtres, cette terre que nous devons léguer à la postérité.

Que notre Seigneur Jésus-Christ bénisse le Congo et son peuple !

Ingeta !  

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