ALERTE/ Message d’Honoré Ngbanda aux congolais: Plusieurs capitales occidentales projettent de balkaniser la RDC en 3 pays !

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TEXTE : 

MESSAGE DU PRESIDENT NATIONAL DE L’APARECO, MR HONORE NGBANDA, AU PEUPLE CONGOLAIS POUR LA  NOUVELLE ANNEE 2020

Samedi, 28 Décembre 2019

Chers compatriotes congolais,

Partout dans le monde, à la fin de chaque année, quelle qu’en soit la date ou le calendrier, les familles ont l’habitude de prier, de manger, boire, de danser ensemble et de se présenter les meilleurs vœux pour la nouvelle année. Mais cette pratique-là n’est valable que pour les peuples libres et prospères qui vivent dans des conditions humaines respectables. C’est pourquoi, présenter des vœux de nouvel an au peuple congolais apparait à mes yeux comme une sorte indécence et de cynisme à l’égard de nos frères et sœurs qui vivent en permanence dans le deuil, avec leurs femmes et enfants qui tombent chaque jour sous la balle ou la machette des bourreaux. C’est une marque de cynisme à l’égard des nombreuses familles congolaises qui passeront ces fêtes de fin d’année dans des conditions sociales déplorables. Je pense ici à des milliers de familles congolaises  chassées de leurs terres et de leurs maisons et qui errent avec femmes et enfants dans nos forêts. Je pense aussi à tous ceux qui souffrent dans les hôpitaux sans possibilité d’assurer leurs soins, ainsi qu’à ces enfants qui, dans nos villes et dans la capitale, n’auront même pas une démie bouteille de coca cola comme boisson de fin d’année…. Je pense enfin à toutes ces familles abandonnées dans leurs taudis et ayant perdu le peu qu’ils avaient au milieu des eaux des inondations….Je communie profondément, par la prière en ce jour, à la souffrance de toutes ces familles !  

Chers compatriotes,

Il y a un an, jour pour jour, le peuple congolais s’était massivement mobilisé vers les urnes pour élire son président de la République et ses représentants au niveau national et provincial. Durant 10 jours, les Congolais avaient attendu le verdict de leur choix, convaincus que cette fois, ils allaient mettre  définitivement fin au système sanguinaire et immoral d’occupation incarnée par un homme : «Joseph Kabila». L’espoir était d’autant plus fondé parce que toute la communauté internationale, plus particulièrement les capitales occidentales, s’était mobilisée et avait juré les mains sur le cœur qu’elle allait tout faire pour faire respecter la volonté du souverain primaire.

Mais tard dans la nuit du 9 au 10 janvier 2019, la CEENI lâcha sa bombe meurtrière sur Kinshasa et sur les antennes des médias internationaux. Elle annonça le hold-up électoral le plus célèbre de l’histoire d’Afrique. Le monde entier avait retenu son souffle et tourné ses yeux vers le peuple congolais. Tout le monde s’attendait à une implosion de colère populaire qui allait ébranler le fondement des institutions iniques à Kinshasa. Mais rien n’y fit !

Après quelques jours d’hésitation et d’angoisse, les forces maléfiques d’occupation, appuyées par leurs complices congolais ainsi que par les mêmes capitales occidentales qui avaient hypocritement crié au scandale au début, tous à l’unisson, ont entonné l’hymne nationale à l’honneur de ce qu’ils ont appelé cyniquement « la 1ere alternance pacifique et civilisée en RDC depuis l’indépendance» ! Cerise sur le gâteau, la coalition des fraudeurs au pouvoir à Kinshasa s’était même engagé, n’eut été le tollé général des populations congolaises, à commémorer avec faste cette mascarade le 24 janvier prochain et proclamer officiellement cette journée de la honte, la «journée de l’alternance» ! Comme on le voit, l’histoire de la RDC depuis l’occupation en 1997, n’est truffée que de falsifications, de tricheries, de mensonges et de contrevérités.   

Mais par ailleurs, alors que d’un côté, elles se réjouissaient toutes de l’alternance démocratique et pacifique intervenue en RD Congo, de l’autre côté, les mêmes capitales occidentales (Washington, Paris, Londres, Berlin et Bruxelles) ainsi que l’Union Européenne et l’ONU exercent en même temps des pressions sur Félix Tshisekedi pour qu’il se libère de la tutelle de «Joseph Kabila» qui l’a choisi et placé à la tête du pays. Quelle aberration !  S’il y avait eu réellement alternance en RDC, avait-on encore besoin de demander instamment au nouveau président de se libérer de la tutelle de son prédécesseur plusieurs mois après la passation des pouvoirs? C’est là la preuve tangible que l’ancien président n’est pas parti du pouvoir ! Mais tout cela nous arrive parce que la communauté internationale sait que ce qu’elle ne peut oser faire nulle part ailleurs au monde, elle peut se le permettre  en RDC sans que personne, même pas les congolais eux-mêmes, ne lève le petit doigt pour protester!

Et c’est là que se situe l’une des causes profondes du drame congolais. Nous sommes un peuple qui accepte TOUT sans critique et qui subit TOUT sans broncher ! Et c’est depuis l’époque coloniale que le peuple congolais traine déjà derrière lui cette triste réputation d’une «colonie modèle» par rapport aux autres peuples africains. Et pour preuve, à cause de sa torpeur et de sa docilité morbide, le peuple congolais avait été baptisé d’un drôle de surnom par les colonisateurs belges. En effet, ils avaient surnommé le Congo-belge «le pays des hommes tranquilles»! Heureusement que peuple kinois a fait sauter cette honteuse étiquette un certain 4 janvier 1959. Ce jour-là, les belges ont été surpris de voir que les «hommes tranquilles» s’étaient brusquement transformés en patriotes révolutionnaires enflammés du feu de liberté!

Jeunesse et élite d’aujourd’hui,

Nos pères, vos grands-pères des années 1959 n’avaient presque pas de bagage politique et intellectuel quand ils ont secoué le joug colonial. Car, dans ces années des indépendances africaines, alors que  les autres peuples africains disposaient déjà des cadres politiquement très avancés dans l’exercice de la res publica, le peuple congolais, lui, était tenu loin de la dynamique et préparé plutôt à subir encore 30 ans d’un régime d’apartheid savamment planifié par Bruxelles. Mais vous, jeunesse et élite d’aujourd’hui, vous n’avez aucune excuse ni aucun prétexte devant l’histoire. Car 60 ans après, vous êtes entrés dans l’ère du numérique et le monde n’a plus aucun secret pour vous ! Vous disposez de tous les paramètres nécessaires pour juger la capacité, la sincérité, le sérieux et l’intégrité de vos dirigeants politiques. Et si aujourd’hui, vous êtes encore à apprécier vos dirigeants politiques en fonction seulement de vos liens affectifs (familiaux et tribaux), ou de vos rapports d’intérêts avec eux, sachez donc que vous porterez devant l’histoire autant que vos leaders politiques d’aujourd’hui, l’entière responsabilité de la déliquescence actuelle de votre pays, la RD Congo.      

Mes chers compatriotes,

Ne vous y trompez donc pas, la planète terre sait que l’alternance démocratique n’a jamais eu lieu dans notre pays. Car dans l’entendement politique et scientifique du terme, et je me réfère ici à la thèse du professeur Leo Hamon (Cfr. Nécessité et condition de l’alternance, p.19-43), l’alternance politique se produit lorsque les partis appartenant à des courants différents se succèdent au pouvoir». Il ne s’agit pas ici de «coalition» ni de «cohabitation», mais il s’agit bel et bien de «succession»! En pratique donc, l’alternance consiste au renversement de la majorité politique lors d’élections présidentielles et/ou législatives. Telle est l’acception universellement admise de l’alternance démocratique!  

Or chez nous, en République Démocratique du Congo, notre situation politique ne correspond en rien avec la notion d’alternance démocratique. D’abord, parce qu’il n’y a pas eu d’élection réellement démocratique et ensuite, parce qu’il n’y a pas eu succession d’une nouvelle majorité à une ancienne. C’est l’ancienne majorité qui, ayant perdu les élections, a fait appel à un autre groupe politique qui lui aussi avait perdu les élections, mais qui a accepté de signer un accord secret pour maintenir l’ancienne majorité au pouvoir, en échange d’un poste honorifique de la Présidence de la République, mais sans l’effectivité du pouvoir !   

Telle est la réalité, cocasse et ubuesque, de la situation politique de la RDC dans laquelle le hold-up électoral du 10 janvier 2019 nous a plongés !   Car nous ne devons pas perdre de vue que grâce à ce hold-up électoral, le fraudeur principal, «Joseph Kabila», et les occupants rwandais, assistés de leurs complices et collabos congolais sont sortis beaucoup plus forts qu’avant les élections de décembre 2018, suite à une majorité frauduleuse au Parlement (et par conséquent au gouvernement central), au Sénat, et dans les assemblées provinciales.

Mes chers compatriotes,

Si j’insiste sur ce grossier mensonge au sujet de l’alternance, c’est bien parce que nos ennemis s’en servent justement pour entuber le peuple congolais et l’endormir en lui faisant croire qu’il vient de franchir maintenant une étape importante de son histoire, l’étape de «l’alternance», qui le conduira demain vers des lendemains meilleurs!

J’estime donc que nous avons là l’obligation de secouer notre peuple pour le sortir très rapidement de cette dangereuse illusion ! Et je m’y engage personnellement!  Car,  à travers ce mensonge, l’occupant rwandais a réussi déjà à créer les meilleures conditions idoines pour  accélérer le processus de mise à mort de l’Etat congolais. Et pour y parvenir, l’occupant rwandais se sert malheureusement d’un fils du pays, Félix Tshisekedi, pour parachever ce processus.

C’est pourquoi, après toute une année de comédie politique au sommet de l’état congolais, je voudrais épingler avec vous quelques faits symptomatiques qui montrent qu’il n’y a pas eu d’alternance en RDC. Je voudrais donc relever quelques faits qui prouvent que « Joseph Kabila » n’a jamais quitté le pouvoir qu’il conserve jalousement, mais que par contre, c’est plutôt Félix Tshisekedi qui n’a pas pu entrer en possession du pouvoir régalien reconnu au chef de l’Etat congolais:

  1. Concernant l’exercice son pouvoir: après une année, Félix Tshisekedi n’a pas réussi à se débarrasser du joug de «Joseph Kabila». Bien plus grave, au joug déjà très pesant de «Joseph Kabila», Félix Tshisekedi a ajouté celui de Paul Kagamé auquel il s’est assujetti tant sur le plan diplomatique, politique que sécuritaire.
  1. Concernant l’occupation de ses bureaux officiels : Un an après, Félix Tshisekedi n’est toujours pas parvenu à occuper ses bureaux officiels du Palais de la Nation parce que le «raïs» refuse, semble-t-il, de libérer toutes les pièces. Certains de ses proches expliquent qu’à la suite de l’incident mystérieux intervenu en plein discours lors de la cérémonie de passation des pouvoirs, les « frères pasteurs » du «président» lui auraient conseillé de ne pas occuper ces bureaux. Quels drôles de pasteurs qui fuient les esprits des ténèbres au lieu de les chasser !
  2. Concernant les avions présidentiels: Un an après, Félix Tshisekedi n’a toujours pas pris possession des deux avions présidentiels parce que son prédécesseur continue de les employer tous. Ces avions sont souvent aperçus soit en Tanzanie soit au Rwanda. Et quand ils reviennent à Kinshasa, ils  sont immédiatement garés sur les tarmacs des Forces aériennes sous la garde des militaires de Kingakati !
  1. Concernant la Défense nationale : Après une année de galère, Félix Tshisekedi n’est toujours pas parvenu à assumer les prérogatives constitutionnelles et régaliennes du Commandant suprême des FARDC. En effet, suite aux accords signés avec « Kabila », le Président nommé n’a pas le pouvoir de procéder, seul, à la nomination des nouveaux membres de l’état-major de l’Armée. Par conséquent, plusieurs centaines de généraux et officiers rwandais placés par «Joseph Kabila» et  Paul Kagamé sont toujours maintenus aux postes-clés et aux fonctions stratégiques qui relèvent du haut commandement militaire des Fardc. Et ces officiers continuent toujours de recevoir les ordres de leur ancienne militaire hiérarchie rwandaise comme avant le 24 janvier 2019.  
  2. Ainsi, Concernant la mise en place d’un QG avancé des FARDC à Beni, autour de laquelle on a fait beaucoup de bruit pour faire croire aux naïfs que Félix Tshisekedi avait pris le contrôle de l’armée, la réalité révèle qu’il s’agit d’un arrangement intervenu à l’issu d’une concertation entre Félix Tshisekedi et « Joseph Kabila » pour apporter quelques timides changements dans la 3e zone de défense qui comprend le Nord-Kivu, Sud-kivu, Ituri, Maniema, Tshopo, Bas-Uele et Haut-Uele. Mais quelques jours seulement après cette mise en place, nous avons vu débarquer à Beni les missi domici, les fidèles du «raïs», les généraux John Numbi et Amisi Tango Fort. Inutile de vous dire que leur descente à Beni vise à contrer tous les effets qu’on attendait de la mise en place pompeusement annoncée par Félix Tshisekedi!
  1. Concernant les promesses de paix à l’Est de la RDC : Durant toute l’année, Félix Tshisekedi a égrené un chapelet de promesses pour ramener la paix à l’Est du pays. Mais la réalité démontre que le climat d’insécurité n’a jamais été aussi dramatique à l’Est de la République durant toute l’année 2019. Pour preuve, le soir même du discours fleuve de Félix Tshisekedi devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, après qu’il ait vanté cyniquement le retour de la paix à l’Est, le même soir, les bourreaux du peuple congolais ont frappé ! Ils ont exécuté plusieurs dizaines de congolais à Beni pour prouver qu’ils restent toujours maîtres du terrain!
  1. Enfin, concernant le processus d’occupation lui-même : C’est dans ce domaine que Félix Tshisekedi a montré aux Congolais qu’il est plus dangereux et plus nuisible que «Joseph Kabila». Point n’est besoin de vous rappeler que depuis que « Joseph Kabila » a placé Félix Tshisekedi à la Présidence de la République avec la bénédiction préalable de Paul Kagamé, le Rwanda a officiellement accru sa capacité de domination sur la RDC dans tous les domaines politiques, diplomatiques, sécuritaires, économiques et financiers ! Félix Tshisekedi a été proclamé par les journalistes rwandais à Kigali «le chouchou de Kagamé », c’est un jargon journalistique rwandais qui signifie « les garçons de course de Kagamé » ! Ce que Paul Kagamé n’osait jamais faire (même en cachette) avec « Joseph Kabila », il le fait aujourd’hui officiellement avec Félix Thsisekedi !    

Mes chers compatriotes,

La réalité du terrain et les quelques faits que nous venons de citer (et ils sont nombreux), nous montrent clairement qu’il n’y a jamais eu d’alternance en RDC ! Elle nous confirme que «Joseph Kabila» n’a pas quitté le pouvoir. Bien au contraire, lui et son lobby tutsi rwandais ont plutôt renforcé le contrôle des institutions congolaises.

De son côté, Félix Tshisekedi, sur conseil de son associé Vital Kamerhe, a accepté un deal secret pour jouer au figurant au sommet de l’Etat. Il a accepté de se contenter des avantages financiers et matériels ainsi que des honneurs protocolaires et diplomatiques liés à la fonction du Président de la République. Il faut donc que les militants et fanatiques de l’UDPS qui l’ont suivi dans cette aventure appréhendent bien cette réalité et arrêtent de faire l’idiot et de jouer au mari trompé qui découvre l’adultère de son épouse! Il faut aussi que la classe politique de l’opposition cesse de fermer les yeux et de tourner autour du pot. Nous devons tous regarder la vérité en face pour affronter ensemble ce grave danger qui menace notre existence commune.

C’est pourquoi, je me tourne ici humblement mais sincèrement vers la classe politique congolaise, toutes tendances politiques confondues, et je l’exhorte, une fois de plus, à faire un effort intellectuel et moral de transcender leurs frilosités respectives. Essayons donc de mettre de côté nos préjugés réciproques les uns vis-à-vis des autres et de faire taire, un moment, nos sentiments  égoïstes et nos susceptibilités personnelles ou collectives…. Remontons ensemble notre passé commun pour voir la trajectoire politique qu’a suivi notre pays depuis le jour de son accession à l’indépendance le 30 juin 1960 pour déceler ce qui ne va pas.

Ce jour-là, un fils du pays, Patrice Emery Lumumba, tout jeune Premier ministre du jeune Etat indépendant du Congo, s’était levé et avait crié comme un prophète devant le parterre des autorités coloniales belges ainsi que des nouveaux députés et ministres congolais. Il avait en face de lui deux chefs d’Etat : le roi des Belges, Baudouin 1er  et le Président de la République du Congo (Léopoldville), Joseph Kasa-Vubu. Dans son discours devenu historique, Lumumba avait lancé une phrase prophétique. Il avait dit : «Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté. Nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière». Et il fut chaleureusement acclamé par toute la classe politique présente dans cet amphithéâtre du Palais de la Nation.

Mais pourquoi ce rêve ô combien sublime de Lumumba qui transcendait déjà le Congo pour se projeter sur toute l’Afrique, pourquoi cette vision prophétique n’a toujours pas été réalisée 60 ans après ? Pourquoi le Congo de Lumumba est devenue plutôt le pays le plus colonisé et le plus exploité d’Afrique, un pays où l’élite politique est aujourd’hui la plus corrompue, la plus instrumentalisée et la plus manipulée d’Afrique par des lobbies politiques et financiers à travers le monde, voire par certains pays africains? Pourquoi une telle décadence ?

La réponse, à mon avis, se trouve dans l’attitude qu’avait déjà la classe politique congolaise de cette journée-là du 30 juin 1960. En effet, selon les témoignages de certains historiens, chercheurs et écrivains, à la suite de la colère et la déception du roi des belges et sa délégation, plusieurs leaders politiques congolais qui avaient applaudi Lumumba dans la salle, avaient  brusquement changé d’avis et rallié la position de leurs anciens colonisateurs. Ils se sont alors mis à manifester leur désapprobation à l’égard des propos jugés «extrémistes et irrévérencieux» de Patrice Lumumba. C’est ainsi qu’avec l’appui de ces hommes politiques congolais, le Premier ministre belge, Gaston Eyskens, avait réussi à persuader Patrice Lumumba à lire  un 2e discours conciliant pour attendrir le roi Baudouin  lors de la soirée de gala clôturant les cérémonies de la journée de l’indépendance. Ce discours jugé plus «modéré» et plus «conciliant» par la presse belge, avait été rédigé par Gaston Eyskens lui-même pour Lumumba qui n’en croyait pas un seul mot de ce qu’il lisait, car pour lui, l’essentiel avait déjà dit l’avant-midi au Palais de la Nation devant le peuple congolais et le monde entier.

       

L’histoire ne parle pas beaucoup de cet incident, mais je tiens à le relever ici parce que ce fait historique nous révèle que pour leur première contre-offensive politique, les autorités politiques belges se sont servies de la classe politique congolaise pour affaiblir le Premier ministre Lumumba et l’isoler. Ce constat est très important car il nous révèle que le tout premier allié des belges dans leur stratégie politique contre le jeune Etat du Congo indépendant fut… la classe politique congolaise autrement dit, l’élite politique congolaise ! Mais quel genre d’élite congolaise les belges avaient-ils planifié pour l’indépendance du Congo?    

C’est le journaliste écrivain Jean Pierre Langellier qui nous donne la réponse à cette question  dans son livre «Mobutu. Biographie» (Edition Perrin 2017). L’auteur nous révèle à la page 59 l’existence de deux slogans belges «jamais formulés officiellement », selon lui. Cependant, ces deux slogans sont très révélateurs de la manière dont les stratèges politiques belges avaient sciemment conçu la problématique de la formation de l’élite congolaise. Le premier slogan dit ceci: «Pas d’élite, pas d’ennui », tandis que le second déclare : «Ventre plein, cerveau vide » ! Ceci nous révèle qu’à l’approche de l’indépendance, les stratèges politiques belges avaient donc sciemment choisi de ne pas préparer une élite politique au Congo pour assurer la relève. A défaut, il fallait alors une élite congolaise au rabais. Telle est la face machiavélique de la réalité politique. Napoléon Bonaparte avait dit  « On gouverne mieux les hommes par leurs vices que par leurs vertus » 

Mes chers compatriotes,

Toute la démarche que je viens de faire vise à attirer notre attention sur un fait important : la force ou la faiblesse du Congo dépendent étroitement de la qualité de son élite. Les ennemis de la RDC n’ont pas intérêt à voir émerger au Congo une élite intègre, crédible et profondément patriotique. Car, l’élite d’un pays est la gardienne de la nation. Et si la garde est très solide, le voleur aura des difficultés pour voler et piller. Le voleur a donc intérêt à ce que la garde soit plutôt faible, poreuse, inconsciente, cupide, égoïste et corruptible à gré. C’est dans cet état d’esprit qu’il faut comprendre les turpitudes de la journaliste belge, Marie-France Cros, du journal La Libre Afrique, quand elle écrit, sans froid aux yeux, que le discours de la résistance que je tiens crée du désordre parmi les congolais. Comprenez que c’est sa façon de décrier le dérangement que notre discours de réveil crée contre les intérêts politiques et financiers des multinationales pour lesquelles elle travaille. Les leaders africains qui ne reçoivent pas les directives auprès de leurs officines sur ce qu’ils doivent dire ou faire, ces leaders-là sont réputés dangereux par leurs médias ! Telle est la règle du jeu !

Mes chers compatriotes

Aujourd’hui, tous les leaders politiques congolais sans exceptions savent dans leur for intérieur que notre pays est totalement occupé autrement dit, ils savent que toutes nos institutions politiques, notre armée, notre police nationale, nos services de sécurité et de renseignement, nos entreprises d’Etat génératrices de recettes…., tous ces secteurs vitaux de notre pays sont sous contrôle des étrangers, et que par contre, l’élite politique congolaise, elle, ne contrôle plus rien ! Par ailleurs, nous savons tous que le petit Rwanda, avec 26.379 Km²  et 12 millions d’habitants, est parvenu à envahir le grand Congo avec ses 2.345 410 Km² et à dominer les 91 millions de congolaises et de congolais. Comment cela a-t-il été possible? Ce phénomène rare dans l’histoire de l’humanité n’a été possible qu’à cause de la complicité et de la médiocrité de la classe politique congolaise !

Aujourd’hui, la force du cheval de Troie, que j’appellerais, moi, « le cheval du Rwanda» introduit chez nous («Joseph Kabila»), sa force disais-je vient de sa grande capacité de contrôler, d’instrumentaliser et de manipuler directement ou indirectement la grande majorité des politiciens congolais tant de sa famille politique que de l’opposition! Aujourd’hui, à cause de la médiocrité et de la corruptibilité de la classe politique congolaise, les occupants rwandais ont réussi à opposer les congolais entre eux sur la scène politique et pendant ce temps, eux-mêmes ont le loisir de parachever tranquillement le processus d’occupation et de balkanisation de notre pays!

C’est donc pour sortir de ce piège que je vous ai proposé en novembre 2018 un schéma populaire, révolutionnaire et citoyen pour mettre fin à cette crise d’occupation.Mais seulement, ce schéma ne peut réussir que si tous les leaders politiques congolais acceptent de consentir le sacrifice d’eux-mêmes autrement dit, celui de leurs intérêts matériels personnels: le sacrifice de gain, d’argent, des postes politiques ou militaires et des honneurs… Et je sais qu’une telle décision exige de placer l’amour de la patrie avant nos intérêts. C’est à ce prix, et à ce prix  seulement que nous serons capables de sortir librement du système inique d’occupation et de rejoindre le peuple congolais en vue de l’aider à déclencher ensemble un grand mouvement citoyen (des civils et des militaires) qui mettrait définitivement fin au système de prédation établi dans notre pays.

Qui d’entre nous peut douter que le retrait de tous les hommes politiques congolais des institutions politiques ôterait le même jour à tout le système en place toute sa crédibilité et toute sa légitimité sur le plan internationale ? Mais la vérité est que si personne n’ose jusqu’ici faire le premier pas dans cette direction, c’est parce que chacun a peur de perdre les avantages matériels liés à sa présence ou à son attachement au système de prédation en vigueur!

Or, au moment où nous passons notre temps à ergoter sur la transition, la table-ronde et les élections anticipées, mes chers compatriotes, ceux qui complotent contre nous pour nous arracher nos terres et nos richesses sont déjà passé à la vitesse supérieure. Je mesure le risque que je prends en vous le disant, mais sachez qu’un puissant think-tank occidental vient de faire accepter à plusieurs capitales occidentales les conclusions d’une étude qui a abouti à la production d’une nouvelle carte de la République Démocratique du Congo balkanisée en trois pays. Le premier pays comporte quatre anciennes provinces : la Province Orientale, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema (avec une forte ouverture sur le Rwanda et l’Ouganda). Le deuxième pays regroupe trois anciennes provinces: le Kasaï Oriental, le Kasaï Occidental et le Katanga. Tandis que le troisième pays regroupe les 3 anciennes provinces de l’Ouest: l’Equateur, le Bandundu et le Bas-Congo. Ces trois pays ont été déjà répartis en zones d’influence des puissances occidentales qui en assureront la tutelle, entendez la préséance dans l’exploitation de leurs richesses. Ces dispositifs visent particulièrement à stopper l’intrusion chinoise en Afrique dans le domaine du marché des minerais. La course aux armements à laquelle se livre aujourd’hui Paul Kagamé entre dans la droite ligne de ce plan de bouleversement. Je ne peux fournir à ce stade beaucoup de détails pour ne pas exposer mes sources dont j’ai besoin encore pour suivre l’évolution de cette opération.        

Voilà pourquoi j’estime, mes frères, que nous n’avons plus de temps à perdre avec des vains débats. Quant à moi, j’aimerais conclure ce message par vous présenter mes profondes convictions au sujet des différentes thèses développées par les uns et les autres  pour sortir de cette crise multidimensionnelle:

Je crois que la solution à la crise congolaise ne viendra pas d’une quelconque aide à Félix Tshisekedi comme certaines personnes me le demandent;

  • Je ne crois pas à la possibilité d’une aide quelconque parce que Félix Tshisekedi n’est pas tombé dans un piège comme prétendent certains, mais il s’est engagé, en âme et conscience, à collaborer avec l’occupant rwandais bien avant les élections de décembre 2018. Il ne s’agit donc pas d’un accident de parcours, mais d’un acte politique prémédité. Car, depuis déjà plusieurs années en amont, Félix Tshisekedi s’est attaché aux agresseurs et occupants rwandais dans le cadre du choix politique qu’avait fait son défunt père, Etienne Tshisekedi, dont les accointances avec le Rwanda datent déjà des années 1996, au début de l’agression du Zaïre. Les documents l’attestent.
  • Je ne crois pas non plus à une aide quelconque à Félix Tshisekedi parce que lui-même n’est pas disposé à se débarrasser de la double tutelle de Paul Kagamé et de «Joseph Kabila» avec lesquels il est lié par des accords secrets bien avant le hold-up électoral.
  • Enfin, je ne crois pas à la possibilité d’une aide à Félix Tshisekedi parce qu’il refuse catégoriquement d’emprunter la seule porte de salut pour lui et pour tout le Congo. Et cette porte consiste (pour lui) à renoncer aux accords méphistophéliques signés avec «Joseph Kabila» autrement dit, à briser la coalition de l’UDPS avec le FCC et par conséquent, à quitter le premier les institutions iniques!
  • A ce sujet, je voudrais le dire solennellement à Félix Tshisekedi qu’il est pour l’instant, non seulement le congolais le plus dangereux et le plus nuisible de la République, mais qu’il est aussi, potentiellement, le seul congolais susceptible de faire tomber en un seul jour, par une seule décision, tout le système d’occupation dans notre pays !Il est aujourd’hui à la croisée du chemin de l’histoire du Congo et de son propre destin : soit il restera le plus grand traitre de l’histoire de la RDC comme le maréchal Pétain en France, soit il inscrira son nom en lettre d’or dans l’histoire du Congo comme ce leader congolais qui a sauvé la République en ébranlant par sa décision courageuse l’édifice de 20 années d’occupation rwandaise ! Mais saura-t-il prendre cette décision?

Mes chers compatriotes,     

Je crois que la solution à la crise congolaise  ne viendra pas du tout des élections, fussent-elles anticipées ;

  • Je ne crois pas aux élections parce que dans l’histoire de l’humanité, aucun régime ou système d’occupation n’a jamais mis fin volontairement à l’occupation d’une manière pacifique ! Je n’y crois pas parce qu’aucun pouvoir d’occupation  n’accepterait d’organiser les élections afin de les perdre pour rendre ainsi à leurs propriétaires les terres qu’il a leur a arrachées et qu’il occupe par la force.L’histoire ne nous en donne aucun témoignage et je ne crois pas que les hégémonistes et occupants tutsi-rwandais seront les premiers dans l’histoire à faire exception en cette matière!
  • Je ne crois pas à la solution des élections parce que l’attitude mentale de l’agresseur et de l’occupant est fondamentalement hostile aux principes et valeurs démocratiques. Dès lors, tout simulacre d’élections qu’un occupant sera amené à organiser sous la contrainte de l’environnement national et internationale ne pourra que conduire à la falsification et à la tricherie. Et nous avons déjà connu trois illustrations successives en 2006, 2011 et 2018. Pour quelles raisons devons-nous chercher à rééditer l’expérience d’un quatrième scrutin électoral dans les mêmes conditions !

Mes chers compatriotes,

Je crois que la solution ne viendra pas non plus d’une table-ronde ou d’un quelconque dialogue ;

  • Je ne crois pas à cette solution, d’abord pour les mêmes raisons que j’ai avancées en ce qui concerne les élections démocratiques, parce que la mentalité même d’un occupant est fondamentalement opposée aux valeurs et à l’esprit démocratiques qu’exige le dialogue. Aucun dialogue, aucune table-ronde n’aura d’impact réel si le pouvoir d’occupation n’y prend part. Or, nous savons tous que le pouvoir d’occupation ne laissera signer aucun accord qui lui fera perdre le contrôle total du pays qu’il occupe ! Il suffit d’examiner tous les accords signés à la fin des nombreux dialogues organisés depuis 1998 pour s’en convaincre !
  • Je ne crois surtout pas à l’organisation d’une table-ronde parce que rien que les questions relatives à sa mise sur pied susciteront des longs débats qui risqueront de prendre des mois, voire des années. Et dans l’imbroglio politique actuel, la désignation de l’organisateur, du bailleur, de l’animateur, et des participants au dialogue, tous ces problèmes liés seulement à l’organisation réveilleront tous les démons qui dorment actuellement dans l’ombre!
  • Et je ne crois surtout pas à la solution d’une table-ronde parce que la Communauté internationale qui aurait pu être, en pareil cas, l’arbitre et le modérateur, la Communauté internationale disais-je, est complice des agresseurs et des occupant de la RDC. Les preuves à cet effet abondent assez pour que je ne m’y attarde.

Voilà pourquoi depuis longtemps je me bats pour une seule alternative à laquelle je crois vraiment et que nous n’avons pas encore expérimentée jusqu’ici. Il s’agit d’un mouvement révolutionnaire et citoyen de tout le peuple congolais, civil et militaire. Car ce mouvement est seul capable d’ébranler les fondements profonds de l’édifice de l’occupation.

Le soulèvement populaire est devenu d’autant plus indispensable parce que la classe politique congolaise a totalement démissionnée de sa mission politique de trouver la solution idoine à la problématique de l’occupation de notre pays.

C’est pourquoi, je termine mon adresse par lancer un appel vibrant vers le peuple congolais, particulièrement la jeunesse et l’élite congolaise  d’aujourd’hui pour lui dire ceci :

  • Faites de l’année 2020 l’année de la rupture avec les leaders politiques congolais qui refusent de divorcer ouvertement et définitivement avec les ennemis du peuple congolais ! Car jusqu’ici, c’est leur attitude hypocrite de collaboration et leur participation aux institutions iniques de l’occupation qui donnent à vos bourreaux du refuge politique et de la crédibilité internationale.
  • Faites donc de l’année 2020 l’année du rejet de la politique des intérêts privés:
  • Ne suivez plus un leader politique uniquement parce qu’il est de votre tribut, de votre région, de votre famille ou de votre église !
  • Ne suivez plus ces «hommes de Dieu» autoproclamés qui foisonnent dans chaque coin de vos quartiers, et qui prétendent le matin déceler les sorciers dans vos familles parmi vos enfants, alors que le soir venus ils prophétisent la prospérité dans les salons somptueux en faveur des assassins et des bourreaux du peuple congolais, pour de l’argent !
  • Ne suivez plus un leader politique parce qu’il vous donne de l’argent ou parce qu’il vous fait des cadeaux pour acheter votre soutien, parce qu’en le faisant, c’est votre propre liberté et l’avenir de tous vos enfants que vous hypothéquez.

Peuple congolais,  

  • Faites de l’année 2020 l’année de votre engagement citoyen ! Faites de cette année l’année de votre décision citoyenne de prendre en main votre destin. Car partout dans le monde, lorsque la classe politique déçoit, lorsqu’elle prouve qu’elle n’a plus de ressource nécessaire, c’est le peuple souverain qui se lève en dernier ressort pour prendre en main son propre destin ! Regardez et prenez exemple dans ce qui ce passe aujourd’hui en Algérie ! Regardez ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte et au Burkina …. Pourtant, dans tous ces pays, les peuples se sont battus et se battaient encore pour leurs droits civiques de libertés. Mais pour vous en RDC, il y a plus ! Car vous vous battez pour la survie de notre nation en tant qu’Etat et pour votre existence et celle de vos enfants !

 

 

Je souhaite donc sincèrement pour cette année 2020, que vous soyez  des hommes et des femmes libérés dans votre mental. Car je suis convaincu, comme l’a d’ailleurs dit le très sage Mahatma Gandhi : « Dès que quelqu’un comprend qu’il est contraire à sa dignité d’homme d’obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l’asservir » !

C’est alors que le «pays des hommes tranquilles» deviendra, je le souhaite de tout mon cœur, le «pays des hommes enflammés». Car, cette génération des « hommes enflammés » pourra, j’en suis convaincu, réaliser la prophétie d’Eméry Patrice Lumumba en montrant au monde ce que peut faire un Congolais quand il travaille dans la liberté.  

Ingeta !

Que Dieu bénisse la RDC et son peuple !

 

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