FLASH/ Lettre ouverte de Mr Honoré NGBANDA au Cardinal Fridolin AMBONGO

Lettre ouverte à son Éminence

Cardinal Fridolin AMBONGO BESUNGU

Archevêque Métropolitain de Kinshasa / Kinshasa-Limete

Par Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba

Président national de l’APARECO et RPS du Conseil National de la Résistance congolaise

Éminence,

Lors de ma dernière sortie médiatique, je vous ai présenté toutes mes félicitations pour votre élévation à la dignité cardinalice qui fait de vous le conseiller du Pape pour le monde et principalement pour notre pays, la RD Congo. Je saisi la présente opportunité pour vous réitérer  mes chaleureuses félicitations et mes souhaits de plein succès dans votre ministère pastoral.

Éminence,

J’ai toujours suivi avec beaucoup d’attention vos différents messages adressés, tantôt à notre peuple pour le soutenir et le guider en ce temps de crise et de misère, tantôt à notre classe politique pour l’exhorter à sortir de la médiocrité et de son manque de patriotisme avéré, afin qu’elle serve réellement les intérêts du peuple et de la nation. J’apprécie sincèrement votre sens élevé de patriotisme que démontre d’ailleurs votre élogieux parcours sacerdotal.

Cependant, depuis un certain temps, vos dernières prises de position contrastent radicalement avec les nobles et justes convictions que vous défendiez il y a à peine quelques mois. Ce brusque changement de discours et de vision de la crise congolaise me pousse à vous adresser cette lettre ouverte à la fois en tant que patriote congolais et responsable politique, et en tant que chrétien membre du corps de Christ. Mon souci est de relever certaines contradictions qui tranchent avec la défense de la vérité qui a caractérisé tous vos précédents messages.

Lors de vos précédentes sorties dans les médias internationaux, avant votre élévation par le Vatican, vous aviez fustigé avec véhémence et courage la fraude électorale, la tricherie et le mensonge qui ont émaillé les élections de décembre 2018. Vous avez affirmé publiquement que ce n’est pas Félix TSHISEKEDI qui a gagné  les élections, mais bien Martin FAYULU. Vous avez invité la communauté internationale à rétablir la volonté souveraine du peuple congolais. Quelques mois après, vous êtes revenu à la charge à travers les mêmes médias internationaux pour fustiger la situation hybride et cocasse au sommet des institutions en RDC. A ce sujet, vous avez fortement dénoncé le fait que «Félix Tshisekedi n’a pas assez de marge de manœuvre pour être véritablement président.»   

Mais, depuis votre voyage de deux semaines aux Etats-Unis où vous avez rencontré entre autres personnalités J. Peter Pham, envoyé spécial des Etats-Unis d’Amérique dans la région des Grands Lacs africains, et depuis surtout votre cérémonie d’élévation à la dignité cardinalice au Vatican, votre vision et votre approche de la crise en RD Congo ont brusquement changé du tout au tout : 

  • En effet, tout en reconnaissant que «les souhaits du peuple avant et après les élections restent non résolus, vous affirmez en même temps que «le président (Thsisekedi) donne des signes positifs et va vers la bonne direction», sans toutes fois nous citer ces signes, ni nous définir cette direction. Alors qu’entre temps, Félix Tshisekedi qui avait solennellement promis de faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, ne s’est pas gêné de déclarer à la presse internationale que cette pratique de la corruption, considérée ailleurs comme illégale, était parfaitement légale en RDC et constituait plutôt un simple «coop» ! Bien plus grave, Félix Thsisekedi qui avait promis à Washington de «déboulonner» le système mafieux du régime Kabila, n’a pas eu froid aux yeux  pour demander à l’Union Européenne à Bruxelles la levée de sanctions contre les barons de ce même régime,  frappés de sanctions pour détournements de fonds publics ! Dès lors, il y a lieu de se demander de quels «signes positifs» et de quelle «bonne direction» vous gratifiez Félix Tshisekedi.
  • D’un côté, vous demandez à toute la classe politique de se réconcilier avec Kabila et Tshisekedi «malgré le déni de vérité à l’origine de son accession au pouvoir » (sic) , alors que de l’autre côté vous ne cessez de faire aux congolais une belle apologie des valeurs morales tout en fustigeant les antivaleurs qui doivent être bannies de notre société !
  • Vous demandez que la classe politique congolaise aide Félix à se débarrasser de la tutelle de «Joseph Kabila» pour s’assumer véritablement comme président tandis que de son côté, Félix Tshisekedi exalte les mérites de la tutelle de Joseph Kabila qu’il a d’ailleurs publiquement félicité et remercié pour son « encadrement, lors de sa conférence de presse en Allemagne, en compagnie de la Chancelière Angela Merkel!
  • Vous encouragez l’opposition politique congolaise en général, et Martin Fayulu en particulier, à abandonner le combat des urnes, que vous avez, lors de votre homélie de ce dimanche 17 novembre au stade des Martyrs, assimilé aux «querelles autour des futilités» (sic). Vous leur conseillez d’abandonner ce combat pour se réconcilier avec Félix Tshisekedi «autour de l’essentiel», sans toutefois nous en définir le contenu ! D’aucuns se demandent en effet, comment se fera cette unité que vous prônez, alors que l’alliance des voleurs et des fraudeurs, conclue dans le secret de la nuit entre Kabila et Tshisekedi, présente déjà des fissures qui laissent échapper la puanteur de leurs sales machinations. Et ce divorce entre FCC et CACH qui ne dit pas encore son nom présage d’une implosion imminente qui risque de plonger bientôt notre pays dans une nouvelle spirale de violence et d’instabilité politique et sécuritaire.

Eminence, la réconciliation que vous prônez entre Martin Fayulu et Félix Tshisekedi est loin de porter une solution à la crise congolaise. Car, s’il y a un homme qu’il vous faut interpeller aujourd’hui avant tous les responsables politiques de la RDC, c’est bien Félix Tshisekedi. Car c’est lui qui a stoppé l’élan de la grande majorité du peuple congolais qui voulait mettre fin au processus d’occupation et de pillage de la RDC. Je le dis parce que Félix Tshisekedi donne jusqu’ici des signes qu’il s’est volontairement rangé du côté des forces extérieures qui ont envahi la RD Congo et continuent de la piller allégrement.

Pour preuve, ce 9 novembre 2019, lors de son séjour à Kampala en route pour la France, ce fils du pays, Félix Tshisekedi, s’est encore illustré par un geste de félonie qui révolte aujourd’hui tous les congolais. Il vient en effet de se soumettre au diktat du président Yoweri Museveni qui l’a pratiquement contraint à signer une lettre conjointe avec lui pour demander à la Cour Internationale de Justice de la Haye de reporter sine die les audiences qui devaient condamner l’Ouganda à indemniser la RD Congo en guise de réparation des pillages menées par l’armée ougandaise lors de la 2e guerre du Congo en 1998. Pour rappel, cette plainte contre l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi avait été déposée en 1999 par le président Laurent-Désiré Kabila qui exigeait à l’Ouganda de payer à la RD Congo plus de 10 milliards de dollars de dommage & intérêts. Et je dois préciser ici que la plainte contre le Rwanda et le Burundi avait été retirée par l’imposteur «Joseph Kabila» dès que les forces qui avaient assassiné le président congolais LD Kabila l’avaient imposé à la tête de notre pays!                    

Eminence,

Lors du point de presse tenu ce mardi 12 novembre 2019, vous avez livré aux chrétiens du Congo et du monde votre devise sacerdotale : « Omnia omnibus» (Tout à tous). Et vous avez explicité le sens de votre engagement et ce à quoi vous comptez consacrer votre ministère dans cette phrase : «Je place mon cardinalat sous le signe de rassemblement et de réconciliation de toutes les filles et tous les fils de la RD Congo».

Eminence,

Rassembler tous les fils et filles de notre pays qui ont choisi de servir notre peuple dans les différents domaines de la vie active est certes une noble et sublime mission que nous applaudissons des deux mains. Toutes fois, votre appel au rassemblement et à la réconciliation de tous les congolais est loin d’apporter la solution à la crise sécuritaire dont souffre notre pays aujourd’hui. Votre appel aurait eu tout son sens si l’origine principale de la crise que traverse le Congo était liée à l’état des relations conflictuelles entre les congolais eux-mêmes. Malheureusement, tel n’est pas le cas ! Car vous le savez bien, les  fraudes électorales des années 2006, 2011 et 2018, le pillage systématique des ressources du sol et du sous-sol congolais, les détournements des deniers publics qui ont atteint un niveau épouventable, les nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés à travers tout le territoire national, l’illégitimité de nos institutions politiques et judiciaires…., tous ces maux dont souffrent aujourd’hui notre peuple ne sont que la conséquence d’un seul fléau, entendez, l’occupation de notre pays par la coalition méphistophélique des forces politiques, financières et militaires étrangères qui a agressé notre pays et qui l’occupe depuis 1996. Et devant ce drame, nous ne pouvons pas pratiquer la politique de l’autruche, en essayant d’enfouir nos têtes dans le sable pour éviter de voir et d’affronter cette cruelle vérité en face, en nous convainquant faussement que le problème se trouve ailleurs, dans une réconciliation factice des congolais entre eux! Durant 22 ans, plusieurs séances solennelles des prétendues réconciliations entre congolais, organisées avec les fastes diplomatiques que l’on connait, n’ont jamais apporté un début de paix et de bonheur au peuple congolais. Nous pouvons citer à titre de rappel des accords de paix de Lusaka I et II, Addis-Abeba, Gaborone, Pretoria, Sun-City, Goma, Kinshasa, Nairobi… et j’en passe !     

La seule réconciliation qui vaille en ce moment, Eminence, est celle que nous devrons faire avec nos agresseurs et bourreaux étrangers, venus des différents horizons pour nous arracher ce que nous avons de plus précieux au monde : notre TERRE !

Et à ce sujet, je vais peut-être vous surprendre, nous sommes disposés en tant que chrétiens et résistants à nous réconcilier avec nos agresseurs étrangers, mais à une seule condition : qu’ils renoncent à leur projet et qu’ils acceptent de réparer les nombreux crimes commis sur notre peuple et notre pays. Car, la Parole de Dieu nous révèle et nous enseigne qu’il n’y a pas de réconciliation sans justice ! Elle nous révèle que la «réconciliation» n’est pas un concept abstrait, mais elle est tout un processus. Car la réconciliation exige d’abord la «repentance» autrement dit le «renoncement au mal», et le renoncement au mal conduit à la «réparation du mal», et c’est la réparation du mal accomplit «la JUSTICE de Dieu » !    

Pour preuve, à travers tout l’Ancien Testament, le processus du pardon de péché ne parvenait pas à effacer le péché des hommes, parce que leurs sacrifices pour le pardon des péchés n’accédaient pas à l’étape fatidique de la réparation du mal autrement dit, à l’étape de la justice. Par conséquent, tous les sacrifices d’animaux offerts en guise de repentance par les hommes ne limitaient qu’à «couvrir le péché», mais n’arrivaient pas à l’effacer devant Dieu. Car, pour qu’il y ait «pardon» et «réconciliation », il avait fallu que l’homme répara le mal qu’il avait fait à Dieu autrement dit, il avait fallu qu’il fit jugé et qu’il  paya le prix de son péché ! Et comme aucun homme ne pouvait le faire ni pour lui-même ni pour les autres hommes, le Fils de Dieu, Jésus-Christ, s’est fait homme à cette fin. Il a pris notre place avec nos péchés, et  il a été jugé, condamné et exécuté à notre place! Et à ce sujet le prophète Esaïe affirme : «…Il était blessé pour nos péchés, brisés pour nos iniquités ; et le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui… » (Esaïe 53 : 5). C’est pourquoi l’Apôtre Paul affirme à son tour dans le livre des Romains au chapitre 5, verset 10: «Nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils». 

Si j’ai ouvert cette parenthèse biblique, Eminence, c’est pour vous dire qu’aux yeux de Dieu, il n’y a pas de réconciliation sans justice. Car si tel avait été le cas, Dieu n’aurait pas eu besoin de sacrifier son unique Fils pour subir la colère de sa justice afin qu’en lui, nous devenions nous-mêmes justice de Dieu et soyons enfin réconciliés avec Lui.

Vous ne pouvez donc pas demander aux chrétiens congolais, Eminence, de se réconcilier avec la fraude et le mensonge que l’église catholique, par votre voix, a dénoncés publiquement. Et l’origine profonde de la crise congolaise ne justifie pas, comme nous venons de le montrer, l’urgence de réconcilier seulement les congolais entre eux. Car   le conflit actuel oppose plutôt les congolais aux agresseurs étrangers qui sèment la mort au Congo depuis 22 ans ! Ces puissances extérieures instrumentalisent, il est vrai,  quelques collabos congolais qui ont trahi leur peuple et leur pays, parce qu’ils ont choisi librement de se mettre au service des ennemis du peuple pour leurs intérêts égoïstes.

Et vous ne pouvez pas non plus demander aux congolais, chrétiens ou non, de se réconcilier avec leurs bourreaux, tant que ceux-ci restent déterminés à poursuivre leur projet de destruction du Congo et d’extermination de notre peuple! En cela j’appuie totalement la position de notre prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege qui a affirmé qu’«Il n’y a pas de réconciliation sans justice». Et j’ajoute qu’il n’y a pas de justice sans repentance, et il n’y a pas de repentance sans réparation ! Car il ne s’agit pas ici d’une simple divergence d’opinion ou d’idéologie, ni d’une simple compétition entre congolais pour l’exercice du pouvoir. Loin s’en faut ! Il s’agit ici, Eminence, du droit de sol ! 

Et ce droit de posséder le sol et de jouir  de ses richesses pour lequel nous nous battons en RD Congo depuis 22 ans, est non seulement un droit internationalement reconnu à tous les peuples du monde, mais il est d’abord un droit divin. Pour nous chrétiens, il est le premier droit dont l’homme a  bénéficié de la part de Dieu qui a décrété dès sa création lorsqu’il lui dit : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et assujettissez-la ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre ». (Genèse 1, verset 27)

Et Abraham, notre père de la foi, nous a donné un bel exemple du respect de ce droit de sol lorsqu’il demanda aux habitants d’Hébron, aux fils de Heth, de lui vendre une portion de terre pour y enterrer sa femme Sara. Il s’adressa à eux en ces termes : « Je suis étranger et habitant parmi vous ; donnez-moi la possession d’un sépulcre chez vous pour enterrer mon mort… » Abraham n’a pas arraché la terre par la force ni la ruse, il a demandé l’autorisation d’achat aux propriétaires! Mais les fils de Heth, propriétaires du sol, lui répondirent : «Tu es prince de Dieu au milieu de nous ; enterre ton mort dans celui de nos sépulcres que tu choisiras ; aucun de nous ne te refusera son sépulcre pour enterrer ton mort. » (Genèse 23, verset 6) Cependant, malgré leur «générosité» et leur insistance pressante, Abraham refusa fermement de prendre gratuitement possession d’une terre qui ne lui appartenait pas et il s’imposa pour payer 400 sicles d’argent, le prix que les fils de Heth ont été contraints de lui fixer !

Le droit de sol est donc sans conteste, le droit divin pour lequel beaucoup de chrétiens congolais, Evêques, prêtres et religieuses ont sacrifié leur vie!  Ces martyrs ont payé le prix le plus fort, celui  de leur vie, parce qu’ils ont défendu courageusement ce droit souverain et divin qu’est le droit de sol.

Eminence,

Souvenez-vous de Monseigneur Christophe MUNZIHIRWA, Archevêque de Bukavu, sauvagement assassiné le 29 octobre 1996, dès le début de l’agression  de la RDC (Zaïre) par l’Armée Patriotique Rwandaise de Paul Kagamé. Ce prélat fut froidement assassiné à genoux, d’une balle à la tête sur ordre venu de Kigali.

Souvenez-vous de la disparition des cinq religieuses de la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul en 1996, à la suite de l’assassinat de Mgr Munzihirwa,  ces religieuses n’ont jamais été retrouvées.

Souvenez-vous de Monseigneur Emmanuel KATALIKO, Archevêque de Bukavu, en remplacement à Mgr Munzihirwa. Il a succombé le 4 octobre d’un infarctus, suite aux tortures morales de ses bourreaux rwandais qui l’avaient chassé de son diocèse le 12 février 2000. Souvenez-vous, Eminence, de son message-testament qu’il a adressé  aux Evêques du Congo avant de mourir : « Pensez au peuple qui attend que les Evêques parlent ». Point n’est besoin que je précise ici que Mgr Kataliko ne vous demandait pas de parler de l’absence ni l’insuffisance de la démocratie ou de la bonne gouvernance au Congo, mais il vous demandait de dénoncer l’invasion barbare de la RDC par les envahisseurs rwandais !

Souvenez-vous des Révérends Pères Anselme WASUKUNDI, Edmond KISUNGHU et Jean-Pierre NDULANI de la congrégation   Augustins de l’Annonciation dans le Nord Kivu ; ils furent enlevés tous les trois par les troupes rwandaises  en octobre 2012 et personne n’a plus jamais eu de leurs nouvelles jusqu’à ce jour.

 

Souvenez-vous, Eminence, du Père Jean-Paul KAKULE, assassiné le 25 février 2015 devant son église à Mweso (Diocèse de Goma), de monsieur l’Abbé Jean-Gaston BULI de la paroisse de Nyankasanza (Diocèse de Bunya), de monsieur l’Abbé Daniel CIZIMIA, assassiné à Bukavu dans la nuit du 5 au 6 décembre 2009, du Père Vincent MACHOZI, assassiné dans la nuit du 20 mars 2016, de monsieur l’Abbé Joseph MILIMBI NGULI, assassiné dans la nuit du 24 octobre 2016 chez ses parents à Lubumbashi, de la Sœur Clara AGANO KAHAMBU de la congrégation des Sœurs Franciscaines Scolastique, assassinée le 29 novembre 2016.

Tous ces martyrs sont tombés parce qu’ils se sont dressés  et ont dénoncé courageusement   le vaste complot d’occupation et de prédation de notre pays par des coalitions de certains pays africains et occidentaux, ainsi que par des puissants lobbies maffieux à travers le monde, qui sèment la mort et la désolation dans notre pays depuis plus de 22 ans ! 

Eminence,

Ce qui est urgent aujourd’hui, ce n’est pas seulement de réconcilier les congolais entre eux.  C’est pourquoi, j’estime humblement que ce qui est urgent c’est de délivrer la classe politique et l’élite congolaises du syndrome du larbin et de la mentalité d’esclave dont elles sont  prisonnières. Car ce sont là  deux tares  qui maintiennent la majorité de notre élite esclave des puissances et des intérêts étrangers qui asservissent notre peuple et pillent nos richesses.  Et cette déliquescence de notre classe politique et de notre élite en générale prive cruellement notre peuple de toute défense et de toute direction éclairée! La classe politique comprador du Congo est devenue ainsi l’allié principal des ennemis du peuple congolais. C’est donc elle qui a réduit ce peuple à l’impuissance et à la résignation.

Le scénariste français, Souleyman Boel, a raison de stigmatiser ce genre en ces termes : «les élites affligeantes prospèrent sur l’apathie des peuples à tolérer l’inacceptable»! Oui, Eminence, c’est là le vrai danger qui menace gravement l’existence de la nation congolaise : l’élite congolaise a vendu son âme aux puissances étrangères et a livré son peuple aux mains des prédateurs de tous les horizons du monde. Ce faisant, cette élite leur a ouvert la voie pour piller la RD Congo  à un niveau qu’on ne pourrait trouver nulle part ailleurs dans le monde d’aujourd’hui !     

L’appel dont le peuple congolais a besoin aujourd’hui, c’est l’appel à son unité, à son amour et à sa conscience patriotique et à sa mobilisation générale, dans l’unique but de stopper ce processus très avancé d’occupation, de prédation et de balkanisation de la RDC, notre pays.  

Eminence,

Pour se réconcilier et faire la paix, il faut au moins être à deux. Or, même si le peuple congolais voulait faire la paix avec ses agresseurs, il ne le pourrait pas, parce qu’au moment où nous chantons la «réconciliation» nos agresseurs, eux, redoublent plutôt d’ardeur et de stratagème pour accélérer l’occupation de nos terres, le pillage de nos immenses richesses et la mise à mort de l’Etat congolais. Et devant cette menace qui pèse sur nos têtes, c’est plutôt ceux de nos frères congolais qui ont rejoint le camp des bourreaux du peuple pour satisfaire seulement leurs appétits égoïstes qui doivent être interpelés en premier lieu par l’Eglise pour rejoindre le camp  de la patrie et du peuple congolais.

Car, Eminence, si l’Eglise de Dieu et le peuple congolais ne se dressent pas aujourd’hui comme un rempart pour barrer la route aux envahisseurs du Congo, notre génération sera jugé devant Dieu, devant les ancêtres et devant les générations futures pour répondre à cette terrible question : « qu’avez-vous fait de la terre et des immenses richesses que vous aviez reçues de Dieu et de vos ancêtres ? »  

Je vous remercie !

 

 

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