APARECO NEWSLETTER – Emmanuel Macron et Uhuru Kenyatta peuvent-ils «libérer» Félix Tshisekedi?

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Emmanuel Macron et Uhuru Kenyatta peuvent-ils «libérer» Félix Tshisekedi?

Par Honoré Ngbanda Nzambo ko Atumba – 15 Mars 2019

 

La République dite Démocratique du Congo est devenue un cas d’école pour l’histoire moderne de la Démocratie. C’est en effet le seul pays au monde où les règles de la démocratie fonctionnent à l’envers avec l’approbation de la communauté internationale. En RD Congo, la décision d’un seul individu a force de loi et prévaut sur le choix souverain du peuple. Dans cette république bananière, la fraude électorale est non seulement érigée en système depuis des décennies, mais elle est même légalisée par la communauté internationale au nom du sacrosaint principe de la paix pour les Congolais. Une paix qui reste toujours dans le domaine du rêve!

C’est dans ce contexte ubuesque que Félix Tshisekedi, candidat malheureux aux présidentielles du 30 décembre 2018, a été nommé président de la République par la volonté d’un dictateur rwandais, qui fut placé à la tête du Congo depuis 2001 par la seule volonté des lobbies politico-financiers de l’Occident. Et c’est imbu de lui-même et drapé de cette sale «promotion» qu’il vient de ramasser     que Félix Tshisekedi a débarqué  à Nairobi avec l’espoir de trouver réconfort auprès des présidents français Emmanuel Macron et kenyan Uhuru Kenyatta . Malheureusement, ces derniers ont plutôt augmenté leur part de confusion au capharnaüm qui a élu domicile en RD Congo. Les deux présidents, selon AFP, «ont demandé à leur homologue congolais de prendre son indépendance vis-à-vis de l’ancien président Joseph Kabila »!

Ce conseil à lui tout seul constitue un aveu de taille. Car il sous-entend, par une simple déduction, que l’actuel président de la RDC n’a pas les mains libres autrement dit, il fonctionne sous l’autorité de son prédécesseur, «Joseph Kabila»! Dès lors, deux questions se posent.  La première : à quoi alors ont servi les élections qu’on a imposées au peuple congolais dans des conditions qu’aucun autre peuple au monde n’aurait jamais acceptées? Deuxième question : où est donc passé l’alternance que toute la communauté internationale avait promise au peuple congolais à l’issue de ces élections ?

Bien au contraire, la démarche des deux présidents dénote à mes yeux une certaine dose de sarcasme et de cynisme. Car en demandant à leur homologue congolais de se libérer de l’emprise de son mentor et maître chanteur, Joseph Kabila, qui le tient en otage, les deux présidents ont-ils aussi donné la clé à Félix pour ouvrir la cage dans laquelle « Kabila » l’a enfermé ? Et Félix devra -t- il se dégager de l’étreinte de « Kabila » par un coup de force ou par la voie démocratique ? Car, si c’est par un coup de force que Félix devra le faire, alors les deux présidents devront l’aider à neutraliser le preneur d’otage pour libérer le prisonnier Tshisekedi. Or, si tel était le choix des deux présidents, ils n’auraient pas eu besoin de faire autant de vacarme autour d’un show médiatique à Nairobi. Car ce genre de dossier se traite à l’ombre, loin des caméras. Je suppose donc que les deux présidents ont conseillé à Félix de recourir à la voie «démocratique» et «pacifique». Or, cette voie n’offre à Félix Tshisekedi aucune chance d’entreprendre quoique ce soit contre son maître, «Joseph Kabila», qui va demain contrôler «démocratiquement» toutes les institutions de la RD Congo. Et voici comment :

 

  • Primo : «Kabila» détient la majorité absolue au Parlement grâce au FCC. 
  • Secundo : A partir de cette majorité parlementaire, «Kabila» désignera le Premier ministre du futur gouvernement qui sera sous son contrôle, selon les termes du  serment  que tous les membres du FCC ont signé devant lui à Kingakati .  
  • Tertio: Ce Premier ministre composera un gouvernement où la «majorité pro Kabila» détiendra ou contrôlera les portefeuilles régaliens et stratégiques comme la Défense, la Sécurité et les Finances…etc.
  • Quarto : «Kabila» vient d’avoir aussi la majorité absolue dans les 20 assemblées provinciales sur les 26. Ce qui lui garantit demain une majorité absolue au Sénat !
  • Quinto : Au terme des accords signés entre «Joseph Kabila» et Félix Tshisekedi, ce dernier devait s’abstenir de changer le haut-commandement des Forces armées congolaises. Toute tentative de déplacer ou de remplacer les généraux mis en place par « Kabila » peut constituer un casus belli.

 

Alors dites-moi, quand Macron et Kenyatta conseillent à Félix de « prendre son indépendance vis-à-vis de Kabila», sont-ils sérieux où veulent-ils seulement se donner diplomatiquement une conscience tranquille en formulant des vœux pieux  sans réelle intention d’aller plus loin ?

La solution est simple, mes frères : parce que nous savons pertinemment que Félix Tshisekedi ne saura pas prendre son indépendance vis-à-vis de « Kabila », comprenons donc, une fois pour toutes, que ce rôle-là revient exclusivement au peuple congolais. Car c’est à lui, et à lui  tout seul, que revient la charge de se libérer du joug de l’occupation et de la prédation !

Que Dieu vous bénisse !

Ingeta !                         

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