RDC: ” On a alterné Kabila avec Kabila- Félix Tshisekedi est un agent de l’occupation comme Pétain”- Article d’Afrikarabia à lire

RDC: Le Rwanda, cible éternelle de l’APARECO

03 Mar 2019 – par Christophe RIGAUD
Le mouvement d’Honoré Ngbanda ancien sécurocrate de Mobutu, continue de dénoncer la mainmise du Rwanda sur la politique et l’armée congolaise.Une grill de lecture datée mais toujours revendiquée par l’APARECO

« La République démocratique du Congo (RDC) est toujours un pays occupé et les élections de décembre 2018 ne règlent rien. Tshisekedi est un agent de l’occupation comme Pétain ». La rhétorique est bien huilée, et en ligne de mire de l’Alliance des patriotes pour la refondation du Congo (Apareco), pointe toujours la même cible : le Rwanda voisin, coupable de tous les maux congolais. En conférence au Sénat, le mouvement devait faire le point sur les élections de décembre qui ont porté à la présidence l’opposant Félix Tshisekedi. Une élection contestée, qui ne serait qu’un « arrangement » entre Joseph Kabila et le fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi.

 

Un problème de légitimité des dirigeants 

Mais au Sénat, il sera peu question des élections, résumées par cette formule : « avant les élections = après les élections ». Pour les conférenciers présents, comme l’analyste politique Kerwin Mayizo, « le diagnostic sur la situation en RDC n’est pas le bon ». Selon lui, « il y a un problème de légitimité des dirigeants congolais, qui représente un enjeu pour des intérêts étrangers ». Et de revenir sur les agressions rwandaises dans les deux guerres congolaises et leur participation actives dans les affaires de la RDC. Autre cible privilégiée : la nationalité de certains dirigeants congolais, accusés d’être rwandais plutôt que Congolais, comme l’ancien président Joseph Kabila, Léon Kengo, le président du Sénat, ou Vital Kamerhe, actuellement directeur de cabinet de Félix Tshisekedi. Une double nationalité incompatible avec la loi congolaise, et qui ne permet pas d’être candidat aux élections… d’où le problème de légitimité avancé par l’Apareco.

“Une alternance entre Kabila et Kabila”

Cette grille de lecture est-elle encore audible pour les Congolais en 2019 ? De l’eau n’a-t-elle pas coulé sous les ponts depuis ? Et peut-on résumer la mauvaise gouvernance d’un dirigeant politique à ses seules origines ? Pour Candide Okeke, vice-présidente en charge de la communication de l’Apareco, rien n’a changé. « L’occupation et le pillage des richesses continue. Regardez notre armée, d’où vient le général Bisengimana, le général Malick, le général Mustapha ? Le gouvernement de Kagame a mis notre pays sous sa coupe avec des militaires rwandais à la tête de l’armée congolaise ». Et le nouveau président Tshisekedi ni changera rien pour l’Apareco. « Ce n’est qu’une alternance entre Kabila et Kabila et Tshisekedi n’est qu’un Pétain congolais » tonne Candide Okeke.

Pour une présidentielle à deux tours

Toujours dans l’attente du « grand soir », l’Apareco espère un soulèvement populaire. « Dans certaines vidéos, on voit maintenant des Congolais demander des armes à Fayulu (le candidat malheureux de la dernière présidentielle – ndlr) explique Candide Okeke, demandez-vous pourquoi ? » Mais à la tribune du Sénat, d’autres prônent des mesures moins radicales pour faire bouger les lignes, à l’instar de l’avocat Hamuly Réty. Certes, cet ancien président des avocats du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) estime que les Congolais pourraient légitimement déclencher l’article 64 qui leur permettrait de descendre dans la rue, mais ce juriste préconise surtout le retour à une présidentielle à deux tours. Une disposition qui permettrait de rééquilibrer les rapports de force politique et faciliterait les alliances de second tour afin d’éviter l’élection de présidents peu légitimes… loin des appels au soulèvement de l’Apareco.

Christophe RIGAUD – Afrikarabia

http://afrikarabia.com/wordpress/rdc-le-rwanda-cible-eternelle-de-lapareco/

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