Communiqué: Réaction de l’APARECO sur la relance du projet de transfert d’eau du bassin versant du fleuve Congo vers le lac Tchad

COMMUNIQUÉ DE L’APARECO

Réaction de l’APARECO sur la relance du projet de transfert d’eau du bassin versant du fleuve Congo vers le lac Tchad

L’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo(APARECO) tient à rappeler et à souligner le caractère néfaste de ce projet (Transaqua) qui date de 1987 et qui vise le    transfert d’eau du bassin versant du fleuve Congo vers le lac Tchad. Car, la réalisation de ce projet aura des conséquences irréversibles sur tout l’écosystème de la République Démocratique du Congo et par conséquent, sur le développement économique et humain, et elle sera aussi la source indéniable des divers conflits sociaux très graves tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national.

Ce dossier est tellement pertinent que le Président national de l’APARECO, Monsieur Honoré Ngbanda, avait interpelé le Président français, François Hollande, à la veille de la Conférence des Parties (COP21) qui s’est tenue à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. Cette interpellation de la part du Président national de l’APARECO répondait aux préoccupations planétaires sur le réchauffement climatique en général et, en particulier, à la gestion chaotique sur la gouvernance environnementale en République démocratique du Congo, volontairement voulu par «Joseph Kabila» aux yeux duquel l’avenir de la RDC ne représente aucun intérêt. Nous reproduisons, pour la circonstance, cette lettre dont la copie fut réservée aux principales organisations internationales de protection de l’environnement opérant en RD Congo.

Conscient du rôle majeur que joue le bassin du Congo sur la régulation du climat régional et, par ricochet, sa contribution significative sur la lutte contre la péjoration climatique à l’échelle mondiale, cette interpellation traduit le souci de répondre au mieux au questionnement sur la problématique de la préservation et la protection du bassin du Congo, véritable rempart non seulement contre la désertification du continent africain mais surtout contribue efficacement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (gaz carbonique notamment) dont l’impact climatique est largement admis.

Devant la gravité de la situation et le danger que représentent ces projets de transferts d’eau interbassins qui s’inscrivent indéniablement dans le processus du pillage et de bradage de nos ressources naturelles, l’APARECO ne cessera jamais d’alerter le peuple congolais, et de lui faire prendre conscience de ce type de projets qui menacent son existence, particulièrement celle des générations à venir.

Ainsi, pour bien cerner l’étendue et les conséquences de ces projets machiavéliques contre notre pays, nous rappelons pour mémoire, l’article publié sur notre site en 2014 lors des tractations sur la réalisation du projet de liaison du fleuve Congo au Nil. Cliquez sur ce lien pour en savoir plus http://www.info-apareco.com/2018/03/05/dernieres-trouvailles-de-joseph-kabila-et-son-gouvernement-doccupation-contre-le-congo-bradage-des-eaux-du-fleuve-congo/

En effet, ces transferts d’eau risquent de conduire à terme, à la désertification du bassin du Congo. Au-delà des enjeux environnementaux, on peut mettre l’accent sur les points suivants :

  • La capture d’eau du bassin du Congo et son transfert vers les bassins du Tchad avec un volume d’eau annuel prélevé de 100 milliards m3, soit un débit de 3 170 m3 par seconde et du Nil avec un débit de 7 000 m3/s aura comme conséquence la baisse drastique du niveau des eaux du fleuve Congo et, par conséquent, une diminution du débit du fleuve qui aura un impact direct sur le rendement des barrages d’Inga. Les mécanismes régissant les échanges nappe phréatique/rivière vont se trouver fortement perturbés entrainant un déséquilibre écologique majeur car des espèces aquatiques (poissons,…) antérieurement enfermées dans le bassin versant du fleuve Congo vont pouvoir passer dans ceux du Tchad et du Nil, et un impact non négligeable sur le microclimat est aussi à souligner. L’état de navigabilité du fleuve Congo se trouvera fortement compromis en saison sèche, entrainant la paralysie d’une bonne partie du système de transport à travers le pays…
  • L’afforestation et la reforestation vont certes limiter l’érosion et les inondations, mais vont consommer de grandes quantités d’eau compte tenu des interactions entre la forêt et l’eau. Ainsi, le débit de base des cours d’eau diminuera fortement en saison sèche.
  • Les énormes consommations d’eau de l’agriculture intensive et l’élevage auront des effets sur la quantité et sur la qualité de l’eau. Ce qui engendrera forcement une concurrence entre eau potable et irrigation…

 

Par voie de conséquence, ces projets n’intégreront jamais dans l’aménagement le développement de la région exportatrice, c’est-à-dire de la RD Congo, mais ils favoriseront le développement des régions importatrices des bassins du Tchad et du Nil. En revanche, la réalisation de ces projets risque, au futur, de soulever des conflits sociaux très graves dans notre pays à cause des risques de pénurie et de la forte demande en eau à venir, et suite aux conséquences qui résulteront de l’impact des changements climatiques sur la biodiversité locale (pêche, chasse…). Ceci d’autant plus que bien que le climat équatorial ait une influence positive sur la stabilité du débit annuel du fleuve Congo et du rôle de tampon des grands marécages de la cuvette centrale, les régions de Katanga et du Plateau Kasaï seront exposées aux pénuries saisonnières d’eau rendant ces zones particulièrement vulnérables à la sécheresse.

D’où la réalisation de ces projets (capture et transfert d’eau du bassin du Congo vers celui du Tchad, et très prochainement vers le Nil en Egypte), conjuguée avec le réchauffement climatique en cours provoquera, à court terme, une baisse drastique des débits du fleuve Congo. Ainsi, le potentiel hydroélectrique de la République démocratique du Congo sera enfoui dans l’oubli.

Sans énergie, sans eau potable, sans irrigation et donc sans production agricole, plusieurs besoins vitaux de la RDC ne seront plus satisfaits. Et cette situation conduirait in fine à des affrontements destructeurs entre les ethnies.

Vu le danger que représentent ces projets, l’APARECO lance un appel pressant :

  1. A toutes les organisations de protection de l’environnement qui opèrent en RD Congo et soucieuses de l’équilibre écologique mondial et préoccupées par la péjoration climatique à venir,d’user de tout leur poids pour contrecarrer ces projets susceptibles de nuire considérablement à l’environnement et à ses composantes, à se mobiliser pour protéger cette source d’énergie propre de la prédation des hommes dépourvus de toutes considérations pour la protection de l’environnement ;
  2. A la classe politique congolaise, de prendre ses responsabilités devant ce danger qui risque de voir notre si beau pays dépouiller de cette ressource vitale pour notre peuple ;
  3. Au peuple congolais, à se mettre débout pour défendre son existence devant ce risque d’extermination suite aux processus de désertification qui résulteraient de ce détournement des eaux, vitales pour notre survie.

L’APARECO rappelle à toutes les parties impliquées dans ces transactions que le peuple congolais en général et, en particulier, les résistants congolais ne reconnaissent pas à ce régime prédateur et d’occupation le droit d’engager la République démocratique du Congo dans de tels enjeux qui mettent en péril l’avenir de tout une nation.

Fait à Paris, le 05 Mars 2018

José Yango W’Etshiko

Vice-président et Porte-parole de l’APARECO

Lettre du Président national de l’APARECO relative aux problématiques du transfert des eaux du bassin du Congo adressée au Président François Hollande à la veille de la 21ème conférence des parties (COP21) qui a eu lieu à Paris

Honoré NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA
Président national de l’APARECO
12, rue Freycinet 92600 Asnières / France
 Email : apareco.rp@gmail.com  
                                                                  
                                                                 
                                                                    A son Excellence Monsieur François HOLLANDE
                                                                    Président de la République française
                                                                    Palais de l’Elysée ; PARIS

Transmis copie pour information :
– aux Personnalités politiques :
– Mr Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l’ONU ;
 Mr Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères du gouvernement français ;
– Mme Ségolène Royal, Ministre de l’environnement du gouvernement français ;  
– Mr Achim STEINER, Directeur du PNUE et Secrétaire général adjoint des Nations Unies
– Mr Martin SCHULZ, Président du Parlement européen
– Monsieur Robert MUGABE, Président de l’Union africaine

– aux Associations de protection de l’environnement opérant en RD Congo :
 Fonds mondial pour la nature (WWF)
A Gland, Confédération suisse
 Greenpeace
A Amsterdam, Royaume des Pays-Bas

Paris, le 11 novembre 2015

Objet : Problématiques du transfert des eaux du bassin du Congo et de l’exploitation du pétrole sous le Parc de Virunga

Monsieur le Président,

A l’approche de la conférence de Paris sur le climat dont la France, par votre personne, assume la lourde charge de l’organisation, le monde de l’environnement se prépare à une rencontre historique où va se jouer l’avenir de toute l’humanité. Cet avenir est indéniablement conditionné, en grande partie, par notre empreinte sur l’environnement.

En vous adressant la présente lettre dont l’objet est repris ci-haut, la plateforme politique que je préside, l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo, APARECO en sigle, juge hautement indispensable d’attirer votre attention sur les gigantesques projets de transfert d’eau du bassin du Congo vers d’autres bassins, dont notamment ceux du Tchad et du Nil. Il va sans dire que la réalisation de ces projets entrainera des conséquences environnementales désastreuses, non seulement pour  les toutes les vastes zones africaines concernées, mais aussi pour le reste de l’humanité toute entière. Et malgré l‘opposition des associations de protection de l’environnement à la réalisation de ces projets, les autorités politiques du régime d’occupation et de prédation à Kinshasa sont sur le point de donner leur approbation pour leur concrétisation.

Monsieur le Président,

Suite aux risques environnementaux majeurs que comportent ces projets de transfert d’eau de l’Ubangi, affluent majeur du fleuve Congo, vers le lac Tchad et le fleuve Nil, nous tenons ici à vous préciser dans un premier temps que ce processus va déplacer les ressources d’eau du bassin du Congo vers ceux du Tchad et du Nil sans pour autant créer des nouvelles ressources de substitution en République Démocratique du Congo. Mais par contre, ce détournement d’eau aura des conséquences catastrophiques et irréversibles sur tout l’écosystème de notre pays et des régions environnantes. D’autant plus que le bassin du Congo, deuxième plus grand bassin fluvial et forestier au monde, constitue à n’en point douter un patrimoine de l’humanité, car il est indispensable à la survie de l’humanité toute entière, compte tenu de son rôle déterminant sur la régulation du climat régional et planétaire.

C’est pourquoi l’APARECO n’a jamais cessé d’alerter l’opinion tant nationale qu’internationale au sujet du danger de ce transfert hydrique sur la conservation et la santé des forêts congolaises suite aux interactions et à l’interdépendance qui existent entre ces ressources. Le rôle de la forêt dans la lutte contre l’accélération du changement climatique, à travers le processus de séquestration du carbone dans la biomasse et dans les sols étant largement admis, nous jugeons totalement irresponsable, voir criminel, ce genre d’initiative qui intervient juste à la veille de la 21e conférence des parties (COP 21) qui aura lieu à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, et qui ressemble plutôt à un pied de nez !

Dans ce contexte, l’APARECO tient à souligner que dans le cadre de la transition énergétique aux horizons 2020 à 2050, la République démocratique du Congo devra développer ses énergies renouvelables dont principalement l’hydroélectricité, d’autant plus que les plus gros producteurs de cette énergie verte sont justement les pays bénéficiant du cours d’eau à gros débit. L’hydroélectricité est d’ailleurs appelée à jouer un rôle important dans le mix énergétique des prochaines décennies. Hors, avec cette capture et transfert d’eau du bassin du Congo vers celui du Tchad, et très prochainement vers le Nil en Egypte, ajouter à cela le réchauffement climatique en cours, on aura provoqué à court terme, une baisse drastique des débits du fleuve Congo. Ainsi, l’immense potentiel hydroélectrique actuel de la République démocratique du Congo sera purement et simplement anéanti et enfoui dans l’oubli. Une grosse perte pour toute l’humanité !

Les travaux qui ont eu lieu du mardi 03 au vendredi 06 novembre 2015 à Kinshasa sur le transfert des eaux de l’Ubangi vers le lac Tchad s’inscrivent dans la continuité des différents entretiens secrets entre «Joseph Kabila» et les autorités tchadiennes. Ces entretiens sont destinés à subtiliser les eaux du fleuve Congo pour alimenter les bassins du Tchad et du Nil. D’où, «Joseph Kabila» développe des contacts secrets avec les autorités égyptiennes pour la même opération de détournement des eaux du fleuve Congo. D’autres projets similaires pour diriger ces eaux vers le Proche-Orient sont aussi en gestation.

Comme vous pouvez donc le constater, Monsieur le Président, tous ces transferts d’eau auront des effets nuisibles à caractère irréversible sur l’environnement régional, et en particulier celui du bassin du Congo qui joue un rôle déterminant sur la régulation du climat à l’échelle mondiale. Ces transferts d’eau à grande échelle auront donc des conséquences irréversibles sur l’ensemble du bassin hydrographique congolais et risquerait de voir, à long terme, se développer un désert en plein bassin du Congo ; par contre, ils n’éviteraient pas de pénuries d’eau dans ces zones concernées par le stress hydrique.

Dans le cadre de ses travaux, la commission européenne a déjà rejeté l’idée d’un transfert de ressources hydrauliques du Congo vers le Sahel. A cet effet, le commissaire au développement de l’Union européenne, Andris Piebalgs a clairement signifié le 16 août 2013 ce qui suit : « L’union européenne est au courant de l’existence d’un projet de transfert d’eau de la rivière Ubangi vers le lac Tchad (Transaqua). Des études de faisabilité préliminaires ont cependant indiqué que le projet comporterait des risques environnementaux majeurs».

Monsieur le Président,

Comme vous le savez, la politique de gestion de l’eau et des milieux aquatiques doit être menée sur la base des connaissances scientifiques et doivent en même temps tenir compte du contexte socio-économique du moment. Or, les conflits sur la gestion conjointe des eaux du Nil qui tirent leurs origines du traité signé en 1959 entre l’Egypte et le Soudan auraient dû être réglés par ces deux pays d’une manière responsable, en prenant en compte les principaux paradigmes et leurs conséquences, à moyen et à long terme, sur l’écosystème de leur région. Mais voilà qu’à présent, ces deux pays veulent rééditer leurs erreurs dans le bassin du Congo qui est l’un des poumons verts de la planète et le rempart naturel contre l’accélération du réchauffement climatique. C’est tout simplement inacceptable !

Le deuxième danger écologique qui plane sur la République Démocratique du Congo concerne la menace de destruction systématique du parc de Virunga, suite à la découverte d’un important gisement de pétrole sous son sol. Cette importante réserve naturelle, ce sanctuaire du tourisme que fut le Parc de Virunga, Monsieur le Président, a été déjà en grande partie détruite par la barbarie des troupes d’occupation rwandaises et ougandaises qui contrôlent, comme vous le savez, toute cette partie Est de la RD-Congo depuis 1996. Ces troupes régulières et leurs milices y ont installé la loi de la jungle au profit des multinationales qui y exploitent sauvagement et impunément ce que la Communauté internationale appelle pudiquement «le minerais du sang». Tout récemment, le porte-parole du régime d’occupation de Kinshasa vient de faire une déclaration prémonitoire concernant la position de «Kabila» sur cette problématique : «Nous allons examiner les choses et voir si on peut autoriser la phase d’exploitation dans l’intérêt des populations de notre pays et compte tenu de nos engagements internationaux de protection de la nature. Le gouvernement va prendre une décision très rapidement ». Mais quand on connait le caractère vénal et fantoche du régime « Kabila » qui reçoit ses ordres de Kigali, on peut facilement prévoir la direction dans laquelle la décision sera prise. Et si le régime d’occupation en place à Kinshasa présidé par «Joseph Kabila» se comporte de manière irresponsable en s’illustrant par des pratiques prédatrices, c’est justement parce que le pillage des ressources naturelles et la mise à mort de la République démocratique du Congo en tant qu’Etat font partie de ses principaux projets politiques avec le Rwanda, son pays d’origine.

Devant cette attitude de mise en danger délibérée de l’environnement et des milieux naturels, le peuple congolais, conscient de l’immense potentiel des ressources minérales et forestières dont regorge son pays, est déterminé à s’opposer farouchement contre toute tentative de détournement des eaux du fleuve Congo, vitales pour sa survie en particulier et pour celle de l’humanité en général. Il fait appel à la Conférence de Paris sur le climat et l’invite à se prononcer clairement et fermement à l’issue de ses travaux, en faveur de la protection du bassin du Congo et du Parc de Virunga contre toutes formes de prédation et de destruction quelles qu’elles soient.

Par ailleurs, l’APARECO tient à rappeler à toutes les parties impliquées dans des transactions secrètes sur le détournement des eaux de l’Ubangui, que le peuple congolais en général, et les patriotes résistants congolais en particulier ne reconnaissent pas au régime de prédation et d’occupation de «Joseph Kabila» le droit d’engager les intérêts supérieurs de la République démocratique du Congo.

Nous espérons, Monsieur le Président, avoir suffisamment attiré votre attention sur ces importantes problématiques qui risquent de nuire gravement à l’environnement régional du bassin du Congo et, par extension, contribuer à une péjoration tendancielle des conditions climatiques à l’échelle planétaire.

Tout en vous remerciant d’avance pour l’intérêt que vous porterez à la défense de l’environnement et du climat dans le monde lors de cette conférence des Nations Unies sur le changement climatique, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma considération distinguée.

 

Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba

Président national de l’APARECO

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