Message de Mr Honoré Ngbanda à la Communauté internationale et au peuple congolais (Texte)

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Conférence de presse du 1er mars 2018

au Press Club Brussels Europe

Adresse de Monsieur Honoré Ngbanda Nzambo Président national de l’APARECO et Responsable du Pilotage stratégique du CNRC

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Distingués invités,

Depuis 22 ans, la République Démocratique du Congo, mon pays, poursuit sa descente aux enfers à la suite d’une crise multidimensionnelle la plus coûteuse au monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale, tant sur le plan humain que financier. Les conséquences sont incalculables : plus de 12 millions de morts, des centaines de milliers de femmes, d’enfants et de bébés violés et égorgés, des millions de Congolais autochtones spoliés et chassés de leurs terres ancestrales, le pillage systématique des ressources du pays par des armées des pays voisins dont principalement celles du Rwanda et de l’Ouganda, au profit de plus de 80 multinationales dont la liste est connue de tout le monde. Et malgré la présence de la mission de la plus importante de l’ONU depuis sa création tant en nombre qu’en coût financier, la RDC poursuit inexorablement sa descente aux enfers. Et le monde se demande pourquoi

Pour nous, la réponse est simple et claire : c’est parce que, depuis le début de cette crise congolaise, on ne veut pas poser les vraies questions de fonds pour donner des bonnes réponses et proposer des solutions adéquates. On évite de nous dire clairement quelles sont les vraies origines et les vrais objectifs de la crise qui a éclaté au Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo) depuis octobre 1996. Et on refuse de préconisées jusqu’ici par la communauté internationale pour mettre fin à cette crise n’ont pas produit de résultat escompté. Pourquoi la paix et la démocratie maintes fois promise à cor et à cri ne sont toujours pas au rendez-vous ? Et pourquoi s’obstine-t-on surtout à répéter durant 20 ans les mêmes erreurs en espérant obtenir un résultat différent ?

Si vous vous donnez sincèrement la peine d’essayer de répondre, tant que faire se peut, objectivement à ces trois questions, alors vous pourrez aisément appréhender le fondement de la démarche et du combat que mènent l’APARECO et l’ensemble de la Résistance congolaise qui, à vos yeux, semblent prendre le contrepied de la communauté internationale.

Mesdames Messieurs les journalistes,

Distingués invités,

La guerre de haute intensité qui a éclaté au Zaïre en octobre 1996 et qui se poursuit aujourd’hui sous forme d’une guerre de basse intensité, mais avec toujours des victimes congolaises, n’est pas une guerre civile entre les tribus congolaises ni entre les groupes politiques congolais en conflit. Autrement dit, la guerre que connait la RDC depuis 22 ans n’est pas une guerre civile. Il s’agit d’abord et essentiellement d’une guerre d’intérêts économiques entre les puissances occidentales qui se disputent entre elles le contrôle des immenses et « scandaleuses » ressources dont regorge la République Démocratique du Congo. C’est cela la vérité de fond qu’on essaie de camoufler dans la recherche des solutions. Pourtant, les preuves historiques sont là.

En effet, dans les années 1990, après la chute du mur de Berlin, alors qu’il n’y avait aucun conflit armé au Zaïre, l’Administration américaine de Bill Clinton décida de briser l’équilibre des relations qui étaient nécessaires durant la guerre froide entre les Etats-Unis et leurs alliés européens dont particulièrement la France dans le domaine du partage de leurs zones d’influence sur le continent africain.

 A cet effet, nous relevons les témoignages des deux Secrétaires d’Etat américains qui ont déclaré publiquement cette guerre d’influence à la France et aux pays européens. Mais malheureusement, cette guerre déclarée entre ces puissances occidentales ne se déroulera pas sur leurs territoires respectifs, mais en Afrique. Et particulièrement au Zaïre, leur principale cible. Bien plus, l’objectif de cette guerre a été, lui aussi, ouvertement proclamé par les Etats-Unis. Le sous-secrétaire d’Etat Georges Moose a déclaré ceci devant le Sénat américain en 1993, je le cite : « Nous devons assurer notre accès aux immenses ressources naturelles de l’Afrique, un continent qui renferme 78% de réserve mondiale de chrome, 89% de platine et 59% de cobalt », fin de citation. Le but de l’expédition militaire en RDC est donc clairement énoncé ici. Il s’agit d’une guerre qui avait pour objectif de permettre aux Etats-Unis d’Amérique d’avoir accès directement aux immenses et précieuses ressources africaines.

Deux ans après la déclaration de Georges Moose, le Secrétaire d’Etat au commerce, Ron Brown, sera plus incisif au sommet franco-africain de Dakar en mai 1995 lorsqu’il déclara ceci, je le cite: «Les Américains vont tenir la dragée haute aux partenaires traditionnelles de l’Afrique, à commencer par la France. Nous ne laisserons plus l’Afrique aux Européens » fin de citation.  (Cfr. Robin Philipot dans « Ça ne s’est pas passé comme ça au Rwanda.» P.196)

Remarquez, mesdames et messieurs, qu’un an après la déclaration de Georges Moose, le président rwandais, Juvenal Habyarimana, mourra dans un attentat d’avion. Et cet attentat déclenchera une guerre civile sauvage, caractérisée par le génocide de 1994 à la suite duquel la France sera délogée du Rwanda. Elle y sera remplacée par les Américains jusqu’à ce jour. Et un an après la déclaration de Ron Brown à Dakar, le Zaïre sera attaqué à son tour attaqué par 7 armées régulières des pays africains dont principalement les armées du Rwanda, de l’Ouganda et de l’Angola, avec l’appui logistique et technique de la C.I.A, du Pentagone et de la NASA / BECHTEL , cette branche de la NASA appartenant à la multinationale Américan Mineral Fields, propriété de Jean-Raymond Boulle, proche de Bill Clinton et principal financier de l’agression du Zaïre en 1996!

Mesdames et Messieurs les journalistes,   

La guerre qui a éclaté au Zaïre n’était donc pas, comme nous venons de le voir, une guerre civile pour instaurer une quelconque démocratie au Zaïre, même si les commanditaires de cette guerre ont surfé sur le mécontentement social du peuple zaïrois et des militaires des FAZ pour leur faire croire que les auteurs de cette guerre étaient des « libérateurs » qui allaient les délivrer de la dictature de Mobutu. Cette ruse-là ne change absolument rien aux véritables motivations de la guerre, ni à l’identité réelle de ses commanditaires !

Et après avoir chassé Mobutu, les commanditaires de cette guerre ont éliminé Laurent-Désiré Kabila qui avait joué le rôle de « cache-sexe » de la face réelle de cette agression. Le M’Zee avait eu l’outrecuidance de dénoncer l’une des plus horribles supercheries de notre temps. Il fut pour cela tué et remplacé par un officier de l’armée rwandaise, Hyppolite Kanambe qui a emprunté, pour la circonstance, le nom de sa victime, Kabila.

Et c’est ici que la seconde phase de l’agression débuta. Car l’imposteur a fait entrer et installer en RDC les éléments de l’armée, de la police et des services spéciaux de son pays d’origine, le Rwanda, à travers tout le territoire national. Et ce processus-là, Mesdames et Messieurs, s’appelle partout dans le monde : l’occupation !  

Mais là où la situation a commencé à s’enliser, c’est lorsque les mêmes pays qui ont agressé le Zaïre sont revenus et ont repris le dossier, mais cette fois, sous la bannière de la communauté internationale, pour éteindre l’incendie qu’ils ont eux-mêmes allumé. Et comme on devait s’y attendre, les dirigeants politiques de ces pays n’allaient pas se faire harakiri en se pointant eux-mêmes du doigt comme étant les commanditaires du conflit armé.

Alors ils ont imposé comme postulat à cette crise, l’absence de la démocratie en RDC ! Ainsi, ils ont imposé aux Congolais, tantôt une « réconciliation » virtuelle à travers des « dialogues inter-congolais », tantôt la signature des « accords de paix», et tantôt  encore l’organisation des simulacres d’«élections» dites «démocratiques», assorties de promesses de paix qui sont restées jusqu’ici dans le domaine du mirage!

Voilà pourquoi, à notre avis, dans cet imbroglio politique et dans ce flou artistique, la Communauté internationale brille par la cacophonie et l’hypocrisie de ces membres les plus puissants.

Aujourd’hui, plus d’un observateur sérieux et averti de la crise congolaise se demandent pourquoi la communauté internationale sanctionne tout le monde autour de « Joseph Kabila » pour divers crimes commis, sauf « Kabila » lui-même ! L’Union Européenne a décidé récemment de geler les avoirs des collaborateurs congolais de « Joseph Kabila ». Et la Grande-Bretagne vient même de battre le record en gelant 650 millions d’Euros des avoirs des collabos congolais dans ses banques ! Tout en saluant ce geste, nous nous demandons pourquoi alors l’UE ne s’est-elle pas attaqué aussi aux dizaines de milliards de dollars stockés par « Kabila » et son frère Zoé et sa sœur Jaynet dans les paradis fiscaux, d’autant plus que tous ces pays ont été contraints par la pression internationale à lever le secret bancaire. Qu’est-ce qui empêche alors l’Union Européenne d’ aller plus loin ?

Cette injustice se manifeste aussi dans le domaine judiciaire. A titre d’exemple, nous constatons que Jean Pierre Bemba a été considéré comme directement responsable des crimes commis par ses hommes de troupe qui avaient été envoyé en mission sur un territoire étranger sous l’autorité et le commandement du gouvernement légal de ce pays. Alors que pour « Joseph Kabila », une kyrielle de crimes odieux commis par ses sbires sous ses ordres n’ont jamais été sanctionnés d’aucune manière.

e cite à titre d’exemple, plusieurs dizaines de fosses communes découvertes à travers toute la République, et dont le cas le plus scandaleux fut celui du charnier de Maluku. Ici, j’épingle les scènes montrant des dizaines de cadavres d’enfants abattus froidement par les hommes de « Kabila » lors des manifestations pacifiques et dont les corps dénudés sont jetés et entassés sans ménagement dans des camions militaires comme les cadavres des vaches folles qu’on va brûler. Je relève le cas des prêtres arrêtés, molestés, déshabillés et humiliés en public sur ordre de « Zoé Kabila », le frère de « Joseph Kabila ». Je rappelle les récents scandales de profanation des églises où les prêtres ont été gazés en plein culte religieux avec les fidèles dont les femmes enceintes et les enfants. Je cite le cas de la maternité contenant 16 bébés, et qui a été bombardée avec des gaz lacrymogène. Et je n’oublie pas la longue liste de centaines de jeunes congolais enlevés lors des manifestations et portés disparus pour toujours…. La liste des crimes de « Kabila » est longue. Très longue !

Mais pour tous ces crimes, la communauté internationale se contente chaque fois de demander gentiment à « Joseph Kabila » de bien daigner ouvrir une enquête pour désigner les responsables ! Et personne n’a jamais enregistré un début de résultat de ces enquêtes ! Moins encore des sanctions.

Alors, pourquoi deux poids deux mesures ? Pourquoi une justice à deux vitesses ? D’où « Kabila » tire-t-il, avec ses frères et sœurs biologiques, l’inviolabilité d’une immunité que personne au monde n’ose toucher ? Pourquoi Mme Nikki Haley, représentante des Etats-Unis à l’ONU, se contente-t-elle de remettre à « Kabila » une liste de 12 présumés responsables du double assassinat des experts de l’ONU, comme si ces 12 proches collaborateurs de « Kabila » pouvaient monter une opération d’une telle envergure sans l’aval et le suivi personnel de « Kabila » lui-même ? C’est pourquoi le peuple congolais se demande à quel jeu la communauté internationale joue-t-elle !     

Car si nous considérons un moment la présence de l’ONU, l’aiguillon de la communauté internationale, sur le champ de la crise, nous sommes amenés à nous demander comment peut-on comprendre un seul instant, que les nombreuses forces dites négatives qui pullulent à l’Est de la RDC, dans une région totalement enclavée et dont les aérodromes et les villes sont quadrillés par plusieurs milliers de casques-bleus  équipés des drones, d’hélicoptères, et d’armes sophistiquées, comment disais-je, comprendre que cette ONU-là ne parvienne pas à neutraliser les forces dites négatives. Et comment ces forces négatives parviennent-elles, dans des conditions décrites ci-dessus, à se ravitailler en armes et munitions pendant 20 ans ? Bien plus grave, comment ces forces négatives parviennent-elles à organiser dans les mêmes régions à l’Est de la RDC les pillages des matières précieuses qui sont transportées par des petits avions vers Kigali et Kampala, là où sont basés les comptoirs et les succursales des multinationales occidentales qui assurent l’exportation de ces minéraux du sang vers l’Occident? Qu’a-t-on fait de la liste des 85 multinationales dénoncées par les ONG pour leur implication dans le trafic des minéraux du sang à l’Est de la RDC ? Faut-il parler ici d’incompétence, de négligence ou de complicité ?

Mesdames Messieurs les journalistes

Distingués invités,

La vérité est qu’aujourd’hui, la République Démocratique du Congo est un no man’s land où le peuple congolais vit comme un étranger sur son sol natal. Et cela nous a fait comprendre que dans l’esprit de plusieurs pays membres de la communauté internationale, le Grand Congo garde encore son statut de « terra nullius » qui lui a été accordé par les puissances qui l’ont créée en 1885. Mais nous pensons que ce temps-là est révolu !

Je sais que certains parmi vous me rétorqueront que j’occulte la part importante de responsabilité qui incombe aux Congolais eux-mêmes, à leurs dirigeants politiques, à leurs élites scientifiques et religieuses, à leur jeunesse…. Loin de moi toute intention d’escapade ! Je suis parfaitement conscient du laxisme et de la médiocrité de la grande majorité de la classe politique et de l’élite congolaise.

J’ai moi-même plusieurs fois stigmatisé le degré élevé de corruptibilité, de versatilité, d’infantilisme, d’immaturité et d’immoralité qui caractérise l’élite de mon pays! Mais pour cette circonstance-ci, j’ai choisi de m’adresser particulièrement à la Communauté internationale, autrement dit à ces puissances économiques et politiques qui dominent le monde d’aujourd’hui, et qui font la pluie et le beau temps particulièrement dans nos jeunes pays d’Afrique au Sud du Sahara, pour leur relever la part importante de responsabilité qu’ils portent dans la situation de crise dans mon pays, et les inviter surtout à rectifier leur tir.  

Mesdames et Messieurs les journalistes,

La RDC est considérée aujourd’hui comme un non-Etat où n’importe qui entre, vole, viole, tue, pille et sort tranquillement sans être inquiété. Le dernier événement qui défraie la chronique est assez éloquent. Il s’agit, vous vous en doutez bien, des 5000 vaches rwandaises accompagnées de 452 familles d’éleveurs-guerriers tutsi-rwandais bien armés, et qui ont réussi à s’installer illégalement à Bukanga Lonzo et Popokabaka, le long du fleuve Kwango qui coule jusqu’en Angola. Mais ce cours d’eau est surtout réputé pour ses riches diamants ! Le choix de ce territoire par ces mystérieux «éleveurs» n’est donc pas un fait du hasard !  Chacun de vous se rappellera l’invasion des éleveurs Mbororo au Nord-Est de la RDC. Ces pasteurs-guerriers venus de l’Ouganda et du Soudan déciment depuis des années nos populations et s’accaparent de leurs terres natales. 

Nous croyons, Mesdames et Messieurs, que l’heure est venue où on doit reconnaître au peuple congolais le droit de disposer de son territoire conformément aux dispositions pertinentes de la Charte des Nations Unies. Voilà pourquoi l’APARECO et tous les Résistants congolais réunis au sein du CNRC sont déterminés à mobiliser le peuple congolais pour sa prise de conscience. Car l’esclavage ou toute autre forme de soumission servile à l’exploitation et à l’humiliation d’un peuple relèvent d’abord de son état d’esprit. C’est pour cela que Mahatma Gandhi a dit, je le cite : « A l’instant où l’esclave décide qu’il ne sera plus esclave, ses chaînes tombent », fin de citation. En effet, la vraie liberté d’un homme, la véritable souveraineté d’un peuple ne peuvent se concevoir qu’au travers d’un changement radical de mentalité et d’attitude !

C’est pourquoi, en tant qu’élite, nous avons le devoir sacré de parler à temps et à contre temps pour informer notre peuple et pour l’éclairer. A ce propos, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, dans « Le dépit amoureux », nous donne un tableau de comparaison très éloquent.

Il a dit, je le cite : «Un sot qui ne dit mot ne se distingue pas d’un savant qui se tait», fin de citation. Autrement dit, le silence devant le crime et aussi condamnable que le crime lui-même. 

Voilà pourquoi l’APARECO a choisi de ne pas se taire. Ainsi, depuis sa création le 4 juin 2005, elle informe et forme le peuple congolais pour l’amener à son réveil mental, à sa prise de conscience et à sa mobilisation politique. C’est donc dans cette optique que le 16 décembre 2017, au nom de tous les patriotes congolais résistants de l’APARECO, du CNRC ainsi qu’au nom de ceux qui luttent clandestinement à l’intérieur de la RDC, j’ai lancé un appel à toute la classe politique de l’opposition congolaise et à la Société civile pour leur proposer une série de 7 actions qui conduirait le peuple congolais à se débarrasser lui-même du régime d’occupation qui menace son existence en tant que nation :

  1. J’ai proposé qu’à partir du 31 janvier 2017 à minuit, date d’expiration de l’Accord de la Saint Sylvestre, que tous les opposants congolais suspendent toute activité politique pour marquer leur rejet du pouvoir d’occupation incarné par « Kabila » et dont le mandat a expiré depuis le 19 décembre 2016;
  2. J’ai proposé que toute l’opposition se joigne à la Résistance congolaise pour former un « Front patriotique du Salut public », non pour créer un gouvernement de transition, mais pour préparer et conduire le peuple congolais à se libérer du joug de l’occupation et cela, avant d’envisager l’organisation d’une transition nationale et responsable devant conduire aux élections libres et transparentes.
  3. J’ai proposé qu’à la suite des deux mesures précédentes, tous les opposants politiques congolais démissionnent de toutes les fonctions qu’ils occupent au sein des institutions réputées caduques après l’expiration de l’Accord de la Saint-Sylvestre le 31 décembre 2017. Cet acte viderait ces institutions ainsi que leurs animateurs de toute leur légitimité nationale et internationale.
  4. J’ai suggéré qu’après ces trois actions à caractères politiques, le Front patriotique pour le Salut public décrète un grand mouvement de « désobéissance civique » pour tous les citoyens congolais dans tous les secteurs de la vie nationale pour paralyser le fonctionnement des institutions.
  5. J’ai demandé que le Front Patriotique du Salut Public invite les militaires, les policiers et les agents des services spéciaux congolais à soutenir le peuple dans son processus du soulèvement populaire.
  6.  J’ai proposé que, le moment venu, le Front Patriotique encadre le peuple congolais et l’amène à s’approprier tous les sièges des institutions à travers le pays pour marquer sa volonté de changement.
  7. J’ai enfin proposé qu’en synchronisation avec le peuple de l’intérieur du pays, les Congolais de la diaspora soient aussi invités à occuper pacifiquement toutes les ambassades de la RDC dans les grandes capitales du monde pour montrer à l’opinion mondiale la volonté commune du peuple congolais de se débarrasser du régime sanguinaire d’occupation incarné par « Joseph Kabila ».

Après mon adresse le 16 décembre 2017, tous les staffs de l’APARECO et du CNRC, sous ma conduite, ont entrepris les démarches pour aborder les dirigeants politiques de l’opposition congolaise et de la Société civile afin de les consulter en vue d’obtenir leurs positions face à nos propositions.

Deux mois après, je suis en mesure de rendre compte du résultat obtenu. Nous avons réussi à joindre un grand nombre de personnalités concernées. La majorité des leaders de l’opposition congolaise est restée égale à elle-même. Presque tous ceux qui ont été contactés en privé ont dit avoir apprécié la pertinence de notre démarche et de nos propositions. Mais quand il s’est agit de franchir le Rubicon et d’adhérer publiquement à la dynamique, d’aucuns se sont dérobés et versés dans des promesses oiseuses. Certains ont eu cependant le courage de nous dire sans ambages qu’ils sont bloqués à cause des « contraintes ». Comprenez que c’est un euphémisme pour parler du «chantage» dont ils sont l’objet de la part de « Kabila ». Ces « contraintes »  vont de  «crédits» des véhicules ou des maisons aux sommes colossales perçues en guise de corruption, en passant par des dossiers judiciaires de détournements des fonds  publics. Ce sont autant de dossiers que « Kabila » brandit sur leurs têtes comme des épouvantails, afin de les obliger à ne pas franchir la ligne rouge dans leurs gesticulations politiciennes.

Du côté de la Société civile, l’accueil a été plus enthousiaste. Cependant, beaucoup parmi ses dirigeants se sont dits être liés par des règles de fonctionnement de leurs organisations qui ne leur autorisent pas à trop afficher publiquement leurs choix politiques. Ils ont par conséquent souhaité une collaboration plus discrète. Nous ne pouvons que respecter leur choix et par conséquent, nous ne pouvons fournir ici plus de détails qu’il en faut. L’essentiel pour nous est d’obtenir leur collaboration et leur engagement pour les actions citoyennes d’ensemble.

Quant à l’attitude des leaders politiques qui crient à tout bout de champ : « le peuple d’abord », nous estimons que le moment de la vérité a enfin sonné. Le peuple congolais, et particulièrement la jeunesse congolaise sauront désormais distinguer, sans ambiguïté, qui travaille réellement pour le peuple, et, à contrario, qui se bat plutôt pour son ventre et sa famille biologique ! A cet effet, nous ne pouvons pas passer sous silence le geste patriotique et courageux d’un leader de l’opposition, monsieur Martin Fayulu pour ne pas le citer, qui a refusé de percevoir ses émoluments de Parlementaire, parce que leur mandat parlementaire est expiré ! Ce geste patriotique répond positivement à l’esprit de la première et troisième mesure que nous avons proposée à la classe politique de l’opposition. Il aurait donc suffi que Martin Fayulu fût suivi par une bonne dizaine d’autres leaders de l’opposition pour que se déclenche cette dynamique qui aurait ébranlé les fondements des institutions scélérates du régime de « Joseph Kabila » !

Mesdames et Messieurs les journalistes,

C’est ici que se fonde et s’explique toute l’arrogante attitude de « Joseph Kabila » qui nargue tout le monde et affiche sa détermination à s’accrocher au pouvoir au prix de sa vie. En effet, son arrogance et son entêtement tirent leur force des deux faits que voici :

1° «Kabila » est conscient qu’il n’existe pas une véritable opposition politique en République Démocratique du Congo capable de menacer son régime sanguinaire d’occupation ;

2° Il sait aussi que la Communauté internationale ne pourra rien contre lui, à cause des rivalités internes d’intérêts qui déchirent ses membres et qui font qu’au moment où certains puissants pays membres de cette communauté internationale exercent des pressions et font des menaces sur lui, d’autres pays membres négocient avec lui les marchés du pétrole, de diamant ou de coltan contre son maintien au pouvoir !

C’est cela qui constitue la toile de fond de la cacophonie et de l’hypocrisie qui font que la crise multidimensionnelle en RDC patauge depuis de nombreuses années.    

C’est pourquoi, devant ce constat, et après l’attitude générale de la majorité des leaders de l’opposition congolaise, au nom de la Résistance congolaise, je me retourne résolument vers le peuple congolais, le souverain primaire pour lui demander :

  1. De ne plus rien attendre de cette classe politique congolaise sclérosée par la corruption, l’égoïsme, l’avidité et l’hypocrisie ;
  2. De ne plus suivre leurs appels farfelus d’organiser des « marches pour les élections », ou des journées dites de « villes mortes » dans un pays déjà mort lui-même. Car ces manifestations ont fait couler inutilement le sang de nos enfants, sans pourtant stopper le processus d’occupation et de balkanisation de la RDC qui est en passe de concrétisation ;
  3. De s’assumer désormais pleinement en adoptant la seule dynamique restée aujourd’hui valable : celle du soulèvement populaire, non pas pour réclamer les élections transparentes et crédibles qu’il n’aura jamais avec « Kabila » et ses complices, mais pour débarrasser la RDC de toutes les présences des forces d’occupation et d’oppression étrangères. C’est la condition sine qua non à tout processus de démocratisation véritable dans notre pays.
  4. De se joindre pour cela, aux forces patriotiques de la Résistance au sein de la diaspora congolaise en vue de s’organiser en réseau de résistance à l’intérieur du pays, avec pour but d’entreprendre plusieurs actions de résistance dont la désobéissance civique qui doit conduire à la paralysie et à la chute des institutions scélérates en RDC. C’est une arme pacifique, mais hautement redoutable si elle est bien usitée par l’ensemble de la majorité du peuple congolais ! 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Distingués invités,

Pour terminer mon exposé, je voudrais m’adresser à la classe politique de mon pays. Sachez, mes frères, que nous sommes seulement de passage sur la terre des hommes. Et chacun de nous est appelé, durant sa courte vie sur cette terre, à poser une brique, sa brique, qui doit contribuer à l’œuvre de l’édification de l’histoire du monde. Cette brique, c’est le sacrifice que nous consentons pour les générations futures. Car ces générations nous jugeront demain, non en fonction des milliards que nous aurons amassés dans nos comptes en banque, mais en fonction du sacrifice que nous aurons consenti pour qu’elles connaissent un mieux être ! N’oublions donc pas que tôt ou tard, l’histoire nous jugera tous !

Je voudrais ensuite m’adresser à la jeunesse congolaise. Je voudrais vous dire que vous êtes le Congo de demain. Pour cela, vous devez vous mobiliser pour la construction du Congo d’aujourd’hui. Vous ne devez pas vous comporter en spectateurs et attendre que d’autres personnes se battent à votre place pour l’avenir et le devenir de votre pays, la RD Congo. Vous ne devez pas vous limiter à pleurer sur les échecs et les erreurs des générations qui vous ont précédés, mais vous devez plutôt rebondir sur nos échecs et nos erreurs, en vous en servant comme vos expériences particulières, pour innover et corriger la trajectoire que doit prendre le Congo de demain.

Car le Congo sera demain ce que vous aurez fait de lui aujourd’hui ! Battez-vous pour l’avènement de la démocratie dans votre pays, mais prenez surtout soin de pas ne jeter les graines de la démocratie sur la terre aride de l’occupation ! Dégagez d’abord cette terre rocailleuse et sablonneuse de l’occupation pour la remplacer par celle riche en humus de l’intégrité de nos frontières, de la dignité de chaque citoyen et de la sécurité de nos biens. C’est sur ce terrain-là seulement que vous jetterez les semences de la démocratie pour vous-mêmes et pour votre postérité !  

Je voudrais m’adresser ici aux dirigeants politiques des pays africains. Je voudrais leur dire notre peine et notre douleur de voir comment plusieurs parmi eux contribuent activement et cyniquement à la misère du peuple congolais pour des raisons bassement d’égoïsme et de cupidité. Nous savons que certains dirigeants souhaitent même que la RDC demeure dans cet état de morosité et de déliquescence, parce qu’ils craignent que sa résurrection et son ascension éclipsent demain leurs pays.

Je leur dis qu’ils ont tort, car avec ou sans eux, la RDC se redressera sous l’impulsion de sa jeunesse et de son peuple. Et en ce moment-là, leur propre peuple leur en voudra à cause du mauvais choix qu’ils ont fait, celui d’avoir refusé de voler au secours du Grand Congo quand il était malade. Je voudrais ici dire deux mots au Président rwandais Paul Kagame. Je voudrais vous dire que la roue de l’histoire continue à tourner irréversiblement. Et si hier et aujourd’hui, les circonstances vous ont été favorables au point de vous faire bénéficier des complicités internationales qui vous ont permis d’envahir la RDC, de décimer son peuple et de piller ses richesses, sachez que demain, cette même roue de l’histoire vous placera dans une position où vous aurez cette fois des comptes à rendre. Et sachez que le Grand Congo, avec ses 70 millions de Congolaises et de Congolais, se mettra bientôt débout. Et comme un éléphant, son démarrage sera peut-être lent, mais lorsqu’il aura pris son élan, alors plus rien ne saura se mettre sur son passage pour le stopper ! Et ce temps arrive très bientôt !

Je voudrais clôturer mon propos, en m’adressant à la Communauté internationale, particulièrement aux puissants pays industrialisés du Nord. Je voudrais vous dire que les Congolais ne sont pas des xénophobes ni des idiots. Nous savons que depuis 1885, vos pays vivent et se développent grâce aux immenses ressources de nos terres. Nous savons aussi que l’indépendance nominale que vous nous avez accordée en 1960 n’a rien changé de votre détermination d’exploiter unilatéralement nos richesses sans contrepartie équitable. Nous savons aussi que pour perpétuer cet état d’injustice, vous avez toujours eu besoin de placer à la tête de nos pays, des marionnettes qui devaient servir vos intérêts plutôt que ceux de nos peuples.

Mais nous pensons que ce temps-là est révolu. Sans verser dans l’animosité et la rancœur destructrices, nous pouvons plutôt envisager d’instaurer un nouvel équilibre d’intérêts dans nos rapports.

Car le temps est venu où vous devez sincèrement accepter l’instauration d’un nouveau rapport de force et d’intérêt qui tienne réellement compte des intérêts de vos enfants et de nos enfants. Si non, nos enfants, spoliés et révoltés, emprunteront demain, d’eux-mêmes, tous les chemins légaux et illégaux pour atteindre vos pays, où ils savent que leurs richesses ont été indument emportées. Et les vagues d’immigration illégale que vous redoutez d’aujourd’hui deviendront demain un véritable tsunami que ni vos murs barbelés, ni vos bateaux de guerre, ni vos hélicoptères et vos drones ne sauront contenir ! Les paradigmes en présence prédisent clairement que vous n’avez qu’un choix : vous êtes condamnés à vous développer avec l’Afrique ou alors, vous finirez par couler avec vos richesses et nos richesses ! Seul le partage équitable constitue le gage de sécurité pour nos générations communes.

La déliquescence planifiée de la RDC qui fait de lui un non-Etat aujourd’hui favorise l’éclosion d’un puissant foyer du terrorisme international qui y couve déjà.

Et à cause justement de son immense potentiel de richesse, au lieu de l’affaiblir ou de la détruire, vous avez plutôt intérêt à encourager la reprise en main des rênes du pouvoir par les véritables filles et fils de la RDC comme l’ont toujours exigé les différentes constitutions qui s’y sont succédées, et d’établir avec eux un nouveau rapport d’intérêt, dépouillé de toutes formes d’injustice, d’hypocrisie, de préjugé et de complexe de supériorité ou d’infériorité

Vingt ans durant, vous avez voulu camoufler vos erreurs commises en RDC en déformant la réalité de l’histoire, et pour cela vous avez orienté le peuple congolais vers des solutions qui montrent aujourd’hui leur vacuité et leur incapacité à stopper la descente aux enfers de toute la nation. «Kabila» nargue aujourd’hui arrogamment la communauté internationale à cause de ses propres contradictions et ses propres faiblesses internes. Le salut pour le peuple congolais ne réside que dans votre courage de revenir à la vérité, de corriger nos erreurs, et de repartir sur des bases nouvelles : celles du droit de chaque peuple à disposer de son pays, de ses richesses et de son avenir.     


Mesdames et Messieurs les journalistes

Distingués invités,

Je vous remercie pour votre patience et votre attention !

Bruxelles, le 1er Mars 2018    

Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba

Président national de l’APARECO et

Responsable du Pilotage stratégique du CNRC

 

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