Pourquoi ce silence suspect du régime « Kabila » sur la mystérieuse transhumance des vaches au cœur de la RDC ?

Pourquoi ce silence suspect du régime « Kabila » sur la mystérieuse transhumance des vaches au cœur de la RDC ?

Depuis le début de cette année 2018, les Congolais assistent interloqués à quelque chose d’assez mystérieux qui suscite beaucoup d’interrogation. Un beau matin du mois janvier dernier, les populations du Kwango et du Kwilu dans le Bandundu (cfr l’ancienne subdivision administrative de la RDC d’avant juillet 2015) regardent médusés une colonne de vaches traverser des villages en villages pour une destination jusque-là inconnue.

Cette transhumance pose sérieusement des questions auxquelles les autorités provinciales et encore moins nationales ne donnent pas de réponses pour fixer l’opinion congolaise.

Il est à noter que l’élément qui attire de prime abord le regard de tout le monde est la morphologie particulière et différente de ces vaches par rapport à celles qu’on connait de tout temps dans cette contrée du pays. Ces vaches, venues d’on ne sait où, ne sont pas des zébus comme certains peuvent le penser d’après la description un peu hâtive faite dans les réseaux sociaux et aussi dans quelques journaux en ligne.

Ces vaches qui ont fait irruption dans le Kwango et au Kwilu appartiennent à la race bovine appelée le Watusi dont le nom scientifique est Bos Taurus Primigenus, et qui est domestiqué en Afrique de l’Est. Il n’existe donc aucune parenté génétique avérée entre le Watusi et le Zébu indien domestiqué en Afrique et connu des scientifiques sous l’appellation de Bos Taurus Indicus. Le nom zébu vient de la langue tibétaine qui signifie étymologiquement une bosse. (1)

D’autre part, la question relative à la détermination exacte du point de départ de cette mystérieuse transhumance reste posée dans tous les cas, en dépit des affirmations du site de la radio Okapi qui affirme, dans son édition du 02 février 2018, que ce cheptel de Watusi et leurs accompagnateurs étaient partis de la province du Sud-Kivu en passant par Fizi, Kabambare, Mbuji-Maji, Tshikapa pour se retrouver dans le Bandundu. Ces troupeaux sont disseminés dans des brousses de Vanga et de Masamuna dans le Kwilu et vers Bukanga-Lonzo et Popokabaka dans le Kwango. (2)

A supposer que cela soit vrai, nous nous demandons néanmoins pourquoi, des jours ou des semaines bien auparavant, n’avons-nous vu ni dans les journaux de la RDC, ni dans les chaines de télévision officielles et privées, ni non plus dans les réseaux sociaux, des images montrant cette transhumance peu ordinaire lorsqu’elles traversaient plusieurs localités dans les ex-provinces du Kasaï Oriental et Occidental?

Ce sont toutes ces zones d’ombre qui fondent notre intime conviction que ce troupeau de vaches a été acheminé par avion dans un des aérodromes de l’ex-province du Bandundu avant d’entamer cette migration totalement insolite à travers les villages du Kwango et du Kwilu. Par ailleurs et sous réserve de savoir le nombre des jours que cette transhumance a dû compter pour atteindre le Kwango, il est impossible que ces vaches et leurs accompagnants se présentent ainsi tout frais et en bonne santé après avoir parcouru à pieds plusieurs centaines de kilomètres.

Face au flou et mystère qui entourent cette affaire, l’association « Panda » qui regroupe tous les professeurs d’université ressortissants du Kwango fustige dans son communiqué signé à Kinshasa le 27 janvier 2018 par le Professeur Abbé Phocas Pfunga-Pfunga, Secrétaire-Rapporteur de l’Association, le mutisme de plus en plus intriguant de la classe politique tant provinciale que nationale. Ces politiciens, particulièrement ceux qui prétendent être des leaders au Kwango, préfèrent plutôt se taire au moment où leurs populations inquiètes s’interrogent sur cette intrusion mystérieuse. Cette association observe que « la présence insolite, dans certains espaces de la province, des groupes des personnes à provenance et identité inconnue est une source d’inquiétude légitime. » Et aussi, le même communiqué poursuit en confirmant que « la race de ces vaches qui n’existe pas dans la région, seraient en voie de s’installer dans les environs de Bukanga-Lonzo, et certaines d’entre elles se dirigeraient vers Tsakala, Mbewa, et d’autres vers Popokabaka. » (3) Devant ces faits avérés, le silence des autorités politiques de la RDC occupée confine le cynisme voire la complicité.

A en croire les déclarations faites à la radio Okapi le 02 février dernier par monsieur Enock Sebineza Ruberangabo affirmant que ces troupeaux de vaches appartiendraient aux éleveurs « banyamulenge » (une tribu imaginaire inventée par les Tutsi-Rwandais qui peuplent la colline de Mulenge non loin d’Uvira dans le Sud-Kivu), nous sommes en droit de nous poser sérieusement des questions sur les véritables motivations qui se cachent derrière cette fameuse transhumance. Nous pensons qu’elle a des objectifs plutôt d’ordre migratoire à moyen et à long terme de ces ressortissants rwandais à travers l’ex-province du Bandundu.

Aussi, faut-il se souvenir que monsieur Enock Sebineza Ruberangabo était le vice-ministre en charge des PTT qui avait été limogé en avril 2016 après la diffusion dans les réseaux sociaux d’une vidéo qui le montrait en train de se masturber dans son bureau. (4) 

Voilà pourquoi nous ne sommes pas étonnés outre mesure du silence de cathédrale qui confine au cynisme voire à la complicité des autorités politiques de cette RDC occupée.

Comme pour épaissir encore davantage le « mystère » qui entoure cette présence des vaches Watusi et leurs accompagnants dans l’ex-province de Bandundu, une épizootie non identifiée semble être apparemment la cause des décès inexpliqués d’un certain nombre de ces bovins.

Ainsi, nous appelons les compatriotes de l’ex-province de Bandundu à la vigilance tous azimuts pour ne pas se laisser berner par ces éleveurs qui voudraient même temporairement s’y installer pour paitre leurs vaches. Autant la moule s’accroche durablement à son rocher, autant il sera très difficile de faire partir ces « Banyamulenge » dont le nombre va croitre avec l’arrivée des femmes, des enfants et … d’autres vaches !

Notre appel s’adresse également aux ONG spécialisés dans le domaine médical et sanitaire de mener des enquêtes pour connaitre l’origine et le vecteur de cette épizootie et déterminer les éventuelles conséquences sur la santé des populations environnantes dans un avenir proche.

Nous appelons tous les congolais, particulièrement les habitants des régions concernées, de communiquer sans tarder à la rédaction de L’œil du Patriote qui mène l’enquête à ce sujet, toutes les informations utiles concernant cette insolite transhumance.  

Fait à Paris le 04 février 2018

Vice-Président National & Porte-Parole

José Yango W’Etshiko

(Yajovin)

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(1) Eveline Mengwi Ibeagha-Awemu, Oliver Carl Jann, Christina Weimann et Georg Erhardt, « Genetic diversity, introgression and relationships among West/Central African cattle breeds », in Genetics Selection Evolution, vol. 36,‎ janvier 2004, p. 673

(2) https://www.radiookapi.net/2018/02/02/actualite/societe/ex-bandundu-les-troupeaux-des-zebus-apercus-appartiennent-aux-eleveurs

(3) http://www.afriwave.com/?p=7333

(4) http://www.jeuneafrique.com/321877/societe/rd-congo-sebinezamustgo-scandale-sexuel-gouvernement/

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