Paul Kagamé à la tête de l’Union Africaine pour 2017-2018 : Quel présage pour la RDC ?

Paul Kagamé à la tête de l’Union Africaine pour 2017-2018 :

Quel présage pour la République

Démocratique du Congo?

Dans le programme d’action que l’UA s’est fixé pour l’exercice 2017-2018 qui vient de se tenir à Addis-Abeba en Éthiopie, le projet de l’autofinancement de cet organisme africain a été une des décisions phares de ce sommet. Le but avéré de cette décision clamé haut et fort par les chefs d’état africains est de se libérer du dictat de L’Union Européenne et des autres organes des Institutions internationales qui financent souvent son fonctionnement. 

D’aucuns se souviendront que depuis plusieurs décennies, c’est feu le président libyen Mouammar Kadhafi qui a financé presque seul une grosse part du budget de l’UA et qui a aussi épongé la dette de plusieurs pays africains membres de l’UA, dans l’objectif de rendre progressivement sa souveraineté à cette Institution panafricaine qui fonctionne comme une simple caisse de résonnance de grandes puissances.

L’environnement politique actuel en Afrique est caractérisé par une vague de tentative de « rébellion » des dirigeants africains contre leurs « Maîtres ». Ceux-là même qui les ont placés au pouvoir hier, et se sont servi d’eux comme des simples « proxys » pour la gestion de leurs intérêts en Afrique. Plusieurs de ces dirigeants africains sont aujourd’hui dans l’œil du cyclone à cause de la pression de l’Occident et de la communauté internationale qui les tancent de quitter le pouvoir au nom du principe de « respect de la constitution ». Principe que les mêmes puissances ont foulé au pied quand ils ont voulu les imposer aux peuples africains hier! 

Et devant la menace croissante qui pèse sur leur pouvoir, plusieurs dictateurs africains se sont constitués en une sorte de « syndicat des chefs d’état », en se servant de l’UA comme bouclier-protecteur, pour se protéger contre leurs « Maîtres » et surtout, pour échapper à un probable chemin vers la CPI.  Dans ce contexte donc, l’autofinancement de l’UA garantirait tant soit peu une certaine indépendance des pays africains face à leurs Maîtres occidentaux.  Parmi les chefs d’états africains visés par la Communauté internationale il y a deux dictateurs sanguinaires rwandais : Paul Kagamé au Rwanda et « Joseph Kabila » en République Démocratique du Congo. 

A l’issue du dernier sommet de l’UA à Addis-Abeba, Paul Kagamé vient d’être porté à la présidence de l’UA pour un an, soit jusqu’en juin 2018. Hier adulé par ses protecteurs occidentaux, aujourd’hui il est en passe d’être relégué aux oubliettes de l’histoire, à défaut de prendre le chemin de la CPI pour un double génocide au Rwanda et en RDC. Si Kagamé a pris la tête de l’UA à Addis-Abeba, ce n’est pas seulement grâce au puissant lobby diplomatique tutsi, mais surtout parce qu’il se présente parmi ses pairs africains comme le meilleur pourvoyeur de fonds pour l’UA après Kadhafi pour promouvoir l’autofinancement et l’indépendance de l’UA. Et pourtant, tout le monde sait que le Rwanda est un petit pays pauvre! D’où vient donc la fortune avec laquelle Kagamé compte ainsi jouer au Père Noel africain? La réponse est simple : la manne vient du pillage des richesses du Congo grâce à son « Proconsul » Hyppolite Kanambe alias Joseph Kabila. Les deux hommes ont d’ailleurs affichés à Addis-Abeba leur complicité dans tous les domaines. 

Les Congolais devront donc s’attendre à la mobilisation de l’Union Africaine par Paul Kagame pour soutenir et protéger son Cheval de Troie en RDC, « Joseph Kabila », contre toutes les pressions qui viendront de l’ONU, de l’UE et des capitales occidentales durant les années 2017 et 2018. Mais malheureusement, la facture de l’opération sera supportée par l’argent du peuple congolais. Car, « Kabila » a promis à Kagamé à Addis-Abeba, de mettre une bonne partie des recettes de la RDC à sa disposition pour la mobilisation du « syndicat » des chefs d’état africains qu’est l’Union Africaine. Cette « contribution spéciale » se fera en plus du pillage systématique de nos richesses par le Rwanda et l’Ouganda pour soutenir leurs budgets respectifs. Nous avons déjà eu un avant-goût de cette opération à Genève où plus de 13 pays africains ont voté contre l’envoi d’une commission d’enquête indépendante chargée d’enquêter sur les massacres dans le Grand Kasaï en République Démocratique du Congo. Des rejets ou des oppositions du genre contre les tentatives de sanction de la communauté internationale contre « Kabila », Kagame, Museveni se répéteront durant toute la période où Kagamé tiendra la tête de l’UA! 

Que Les Congolais, et plus particulièrement les patriotes résistants prennent bien conscience de cette nouvelle dimension du combat! Nous entrons dans une phase où nous devons débarrasser notre environnement politique de tous les discours alambiqués et tortueux qui sèment la confusion et démobilisent la conscience patriotique du peuple.  Nous constatons malheureusement qu’en ce moment fatidique de l’histoire de notre pays, des sommités intellectuelles dans beaucoup de domaines s’illustrent encore dans des discours politiques du déficit de la démocratie en RDC, du dialogue et de l’organisation des élections… Pas un mot sur le danger majeur qui guette notre existence commune : l’occupation et la balkanisation de la RDC. Or, tous les signaux sont pourtant là devant nous et au milieu de nous. Même certains acteurs politiques occidentaux commencent à les dénoncer publiquement. Signe de temps! Il nous appartient à nous, peuple congolais, de dresser nos fronts longtemps courbés!        

Paris, le 08 juillet 2017

Candide OKEKE

L’ŒIL DU PATRIOTE

 

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